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Aodren Weiss - Qui a dit que les serpents du désert sans venin n'étaient pas dangereux ?

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Avatar : Charlie Hunnam

MessageSujet: Aodren Weiss - Qui a dit que les serpents du désert sans venin n'étaient pas dangereux ? Mar 1 Mar - 21:55

Aodren Weiss
inventé • Bootleggers• feat. Charlie Hunnam

Je suis né(e) le 24 octobre 2011 à Durango, dans le Colorado, ce qui me fait donc 34 ans. Je vis dans New Vegas, je suis célibataire, je suis athée et je m'intéresse aux idées des neutres. À Abalessa je suis Bookmaker, chargé d'arbitrer des combats et de rétablir le calme si la température monte un peu trop en flèche, au TMK et on me connait aussi en tant que le Mamba. Je parle Anglais, Français, Espagnol, Turc et des notions en Grec.

@Devil.
Informations
Quelles sont vos qualités? Observateur et discret, tout comme le reptile fondu dans le décor, la prunelle de ses yeux ne perdra aucune miette de ce qui l’entoure. Même pas un murmure, ni un sifflement, vous n'entendrez rien, vous n'aurez que cette sensation d'être observé. Ouvrez les yeux, regardez autour de vous, et effectivement, vous constaterez que deux pupilles bleus suivent chacun de vos mouvements. À l’heure actuelle, il faut se rendre à l’évidence, plus rien ne sera comme avant. Réaliste, il sait que les miracles n’existent pas, on obtient ce que l’on désire que si l’on se donne les moyens d’y arriver, et pour ce, déterminé, il est prêt à transpirer et à saigner si les choses s’avèrent nécessaires. Il sait aussi être patient, mais comme tout être en ce monde, il a ses propres limites. Être un séducteur est plus une qualité qu’un défaut pour son cas. Ça lui rapporte même de l’argent. Endurant, Aodren n’a pas le cœur qui flanche facilement. Si au corps-à-corps, il se débrouille bien, il excelle surtout dans la vitesse et l’escalade. Jusque-là, personne n’a réussi à l’attraper en course-poursuite, que ça soit dans une ruelle escarpée ou sur un toit. Il arrivera -pratiquement- toujours à trouver un moyen de vous filer entre les doigts, s’il n’a pas décidé de se battre contre vous.

Et vos défauts? Ceux qui le connaissent ne lui ont pas donné le nom d’un serpent pour rien. Fourbe et Menteur, il n’hésitera pas à vous charmer avec des paroles délicieusement plaisantes pour au final, vous malmener. Taquin et joueur avec ses dires et gestes, il apprécie de prendre du bon temps ainsi que s’amuser aux dépens de ses interlocuteurs. Les voir se noyer dans leur ignorance et se questionner pour savoir s’il est sérieux ou non, le divertit au plus haut point. Par la suite, vous devez savoir ce qu’est une personne rancunière, non ? Parce que ce blond-là est l'image même de la rancune. Déjà mauvais perdant, si en plus de cela vous lui faites une crasse, vous avez de grandes chances de le voir à votre porte. Si vous le provoquez, tel un mamba, il sortira les crocs. Et croyez-y, quand un serpent a décidé de mordre, il n’est pas tâche aisée de s’en défaire.  

Un signe particulier? Une grande cicatrice récente sur le haut de sa main droite, accompagnée de quelques-unes de ses congénères situées sur son torse et son dos.

Ancien ou Nouveau Monde? Aodren ne serait franchement pas capable de répondre à cette question. L’Ancien Monde lui manque, nostalgique de ses bons moments passés dans le confort et le modernisme, il maudit que la Terre se soit déchainée de la sorte. Mais à la longue, il a fini par s’habituer à cette nouvelle vie. Il a failli y passer plusieurs fois pendant la période du Changement, la mort le frôlant de peu. Alors à quoi bon se lamenter ? À l’heure actuelle, vivre une petite existence simple et sans gêne n’est, après tout, pas si mal.

Un objet de l'Ancien monde qui vous manque? Le grondement du moteur, le son de l’air et les cheveux au vent, tout ça, il ne pourra plus jamais y goûter. Bien plus que le confort, sa bonne vieille copine d’Harley lui manque.

Que préférez-vous dans le Nouveau Monde? Difficile à dire, il ne s'est jamais penché sur la question. Mais s'il devait vous répondre dans l'immédiat, il vous dirait les soirées ambiancées et plus important que tout, la chance de pouvoir continuer à vivre. Alors, profitez de chaque instant, avant que la Grande Mère décide de tout vous arracher !

Si vous pouviez changer une loi d'Abalessa? L’Article 8. Directement, il n’est pas touché par cette loi, étant donné qu’il vit à New Vegas, mais d’une certaine manière, il la trouve contraignante. La rue est en ruine alors que d’autres parties de la cité sont bien mieux reconstruites et où il fait bon vivre. D’ailleurs, il trouve dommage de mettre dans une catégorie tous ceux qui assument leur nature primaire. Pour Aodren, ceux qui travaillent dans la production et le commerce d'alcool, les jeux d'argents, les cercles de combats et la prostitution, ils devraient être considérés comme des membres du peuple et non comme les Bootleggers. C’est facile de cracher sur leur nom, tout ça parce qu’ils représentent, soi-disant, le vice et la corruption. Mais les autres ont tendance à oublier que s’ils n’étaient pas là, un bon nombre de membres du peuple seraient en train de réclamer plus de liberté à l’Antinéa, y compris des soldats.

Quelle serait la prochaine modification majeure à apporter à la cité? Même si les ruines donnent de bonnes opportunités pour grimper et trouver un coin tranquille sur un sommet de toit afin d’observer le ciel étoilé, il serait peut-être bien de cesser de délaisser New Vegas. Ok, c’est un « lieu malsain » mais un peu plus de confort pour les Bootleggers ne serait pas de refus.

Qui devrait être la prochaine Antinea? Fordiste ou Gaïa, pour le moment, il ne sait pas trop. Il n’a jamais été très proche de la politique et de toute manière, que la dirigeante prône le respect de la nature ou non, ça ne changera pas grand-chose si la nature décide de se déchainer à nouveau. Il souhaiterait juste que la prochaine ait un peu plus de considération envers les Bootleggers.

Quel est votre endroit préféré sur les Terres d'Abalessa et pourquoi? Incontestablement les îles, bien qu’il ne peut y aller que très rarement. Le calme, le chant des mouettes, le son des vagues frappant contre la roche, tous ceci ne sont que des sensations qui le détendent. Oublier la civilisation un instant pour se retrouver avec celle qui a décidé de se retourner contre eux, Gaïa. Pour lui, même le sable est différent en ce lieu. Chaud et léger, dégageant une légère humidité, moins rugueux, il n’a rien à voir avec celui du désert. Un serpent a toujours besoin de tranquillité.   

Et celui que vous évitez le plus possible? La rive Sud, les personnes de son groupe n’ont pas l’autorisation de circuler. Puis pendant que nous y sommes, les alentours de la Caserne Ashoka. Les soldats ne lui ont rien fait personnellement, il n'a pas encore eu d'embrouille avec eux. Mais avec le statut qu'il porte, il aimerait éviter le plus possible leurs regards emplis de préjugés et de mépris, car il le sait, un regard de travers porté dans sa direction et la situation pourrait s'envenimer. Les soldats sont forts, les soldats sont là pour les protéger et maintenir l'ordre, mais les soldats ont surtout une grande gueule, en majorité.

Votre journée type?Réveillé après les premiers rayons du soleil, qu'il soit accompagné ou non, il déjeune rapidement avant de partir déambuler dans les rues. Si le TMK n'est pas trop bondé de clients, il peut se permettre de prendre un peu de temps pour lui. À ce stade, deux possibilités s'offrent à lui; soit aller dans la cité et s'occuper avec les diverses activités proposées, soit aller aux îles pour retrouver le calme. Tout dépend de son humeur. Le soir, il n'y a pas de secret, vous le trouverez à son lieu de travail, au TMK. Troubles fêtes ? Vous le verrez vous prendre par la peau du cou pour vous jeter dehors, en vous menaçant de ne pas remettre les pieds aussi tôt. Adeptes des combats ? Il sera là pour encadrer le combat que vous mènerez dans le ring, juste après avoir encouragé des individus à parier sur vous. Tout ceci, dans l'art de savoir faire la fête et séduire les clients.

Je m'appelle Casper et je fais partie de la team Rocket, aussi connue sous le nom de Devil. et j'ai 19 ans. J'ai connu Abalessa via un partenariat, plus précisément par la fondatrice et ça a l'air super sympa. Un contexte original avec ses petits détails, tout ce que j’aime. Je pense que je serais là deux fois par semaine minimum et à votre santé !



Dernière édition par Aodren Weiss le Mar 22 Mar - 9:32, édité 6 fois
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MessageSujet: Re: Aodren Weiss - Qui a dit que les serpents du désert sans venin n'étaient pas dangereux ? Mar 1 Mar - 21:55

Passé, présent et futur...

“{CITATION}”
― Auteur


Insignificant life


Fils unique d’une mère avocate et d’un père mécanicien, je suis né dans ce qu’on appelle l’Ancien Monde. Ma vie était des plus banales, j’étais un être qui n’avait rien d’exceptionnel, j’étais juste un simple merdeux du Colorado. J’allais à l’école, j’apprenais ce qui m’était donné de savoir, je commettais les bêtises que les jeunes faisaient, je menais une petite vie tranquille. Mon quotidien était rythmé par les départs de ma mère. Son job l’amenait parfois à quitter l’État pour suivre certaines affaires politiques, ce qui faisait que je me retrouvais souvent seul avec mon père. Un père qui m’avait vite donné le goût de la moto, et plus particulièrement la passion des Harley. Au grand désarroi de ma mère qui estimait que j’étais bien trop jeune pour ce genre de chose, il m’apprenait à conduire ces engins. Pas facile de gérer plusieurs centaines de kilos quand vous avez à peine quinze piges. Mais j’en garde de très bons souvenirs. Des souvenirs qui, d’ailleurs, n’ont plus aucune utilité à l’heure actuelle.


** Un jour du premier trimestre 2026**

- Ça va aller, fils. C’est fini. Tout va bien.

Au sol à côté de mon père, sur un sentier en terre non loin du garage ; sur le moment, j’ignorais ce qu’il venait de se passer. La Terre s’était mise à trembler violemment, à tel point qu’ils nous étaient impossibles de tenir debout. Se relevant tous deux, impuissants, nous ne pouvions être que les spectateurs des dégâts causés par ce séisme. Les câbles électriques à terre, des maisons détruites et des routes meurtries par des crevasses profondes… C’était le chaos, certains individus pleuraient, d’autres étaient blessés. Mon père et moi courûmes vers le garage pour venir en aide aux salariés. Fort heureusement, ils avaient eu le réflexe de se mettre sous les tables en métal pour se protéger de tout débris pouvant nuire à leur vie. Et à en croire ce que je voyais, ils avaient eu beaucoup de chance, un de ces serpents de la Terre s’était formé à quelques dizaines de mètres, emportant avec lui des dizaines de baraques. Nous pensions que ce séisme était l’un de ses tremblements de terre courants du continent, lié à la plaque tectonique qui frôle l’Ouest de l’Amérique du Nord. La force avait été phénoménale, d’une grande magnitude, mais nous étions loin de nous imaginer que ce fût le commencement d’une longue période de catastrophe. À cet instant, mes pensées étaient portées vers ma mère, qui elle, se trouvait à San Francisco. Avait-elle aussi senti cette secousse ? J’avais peur pour elle, j’étais inquiet et je ne demandais à n’avoir que de ces nouvelles. Mon père me disait que tout irait bien pour elle, l’épicentre de ce séisme devait être non loin de notre position, ce qui avait causé une telle fureur, mais que là où elle était, elle n’a dû à peine le sentir. Pourtant, au fond de moi, je n’y croyais pas un mot et très vite mes inquiétudes furent justifiées.

**Le lendemain**

- Purée ! Il faut qu’on aille la chercher, Pa’ ! Ça fait depuis hier qu’on essaie de la joindre et on n’y arrive pas ! Je suis sûr que quelque chose lui est arrivée !

- Calmes-toi Aodren et ne tire pas de conclusion hâtive ! On ne peut rien faire tant qu’on ne sait pas ce qui s’est passé au-delà de notre ville. Il y a de grande chance que les réseaux soient coupés, ce qui est plutôt fréquent dans ce genre de situation. Alors aide-moi à trouver une chaine qui fonctionne sur l’une de ces fichues télés !

Aussitôt les paroles dites, je m’exécutais à la tâche. Me positionnant sur la seconde télévision de notre maison, je bidouillais les touches pour trouver une chaîne qui serait encore en fonction. La seule réponse fut des grésillements incessants qui n’annonçaient rien de bon. De plus en plus stressé, je m’énervais sur l’objet avant d’entendre, au bout de quelques minutes, ce qu’on aurait dit des paroles. Attendant quelques secondes sur cette chaîne, les images apparaissaient floues mais suffisamment nettes pour être perceptibles, j’avais enfin réussi à trouver un canal. Mon père me regarda et s’assit à mes côtés pour écouter. Ce que nous apprenions me fit l’effet d’un coup de poignard dans le cœur.

Chanel Las Vegas, émission spéciale répétée en boucle:
 

Ce qui se trouve en dessous de moi n’est autre que la ville de San Francisco ! Après plusieurs années de crainte de la part des scientifiques, la faille de San Andreas s’est ouverte et a causé la destruction de nombreuses villes côtières. La puissance a battu tous les records ! Je peux d’ores et déjà vous dire que le séisme fut de degré XII dans l’échelle de MSK, avec une magnitude de 9,8 ! Les pertes sont considérables ! À l'heure actuelle, les secours n’ont pu sauver qu’une centaine de personnes. La situation est extrême, à tel point qu’il leur est difficile d’intervenir dans la métropole. Et comme si cela ne leur suffisait pas, le temps leur est compté ! Un second tsunami risque de frapper la côte d’ici une demi-heure. C’est pour cela, si des habitants de San Francisco m’entendent, je vous en conjure, fuyez la côte et si vous ne pouvez prendre de la distance avec celle-ci, mettez-vous en hauteur !

Nous tenons à vous rappeler que ce phénomène est présent à l’échelle mondiale. Aucun continent n’a été épargné par ces successions de séisme. Et nous notons même que des volcans sont rentrés en éruption…


Choqué, j’étais incapable d’écouter la suite. Le journaliste continuait d’expliquer ce qui était en train de se produire dans le monde mais ces paroles n’étaient que de simples murmures pour moi. Mon corps était présent dans la pièce, à côté de mon père qui d’ailleurs éteignit la télé aussitôt ; mon esprit, quant à lui, était perdu. Ma vue s’embruma et devint floue, des larmes se mirent à couler, incapable de les retenir. Je ne savais pas dans quel état était mon père; à entendre ses reniflements, je comprenais qu’il essayait pour tout de retenir ses larmes.

- J’aurais dû être avec elle…

- Tu n’y es pour rien Aodren ! Nous ne pouvions pas le savoir…

- Tu ne comprends pas, lui dis-je en le regardant avec mes yeux rougis. Maman m’avait proposé que je l’accompagne pour que je puisse découvrir San Francisco. Elle m’avait dit que quand elle aurait terminé son travail, nous aurions passé du temps là-bas, vu que j’étais en vacances et que toi tu ne pouvais pas à cause de ton boulot. Elle ne t’en avait pas parlé parce que je lui avais dit non, je préférais rester ici.

Il me prit dans ses bras en me sortant un « Aodren » alors que j’éclatais en sanglots. À une décision près, je venais d’échapper à la mort. Pour la première fois, je voyais apparaitre la Faucheuse dans ma vie.



When nightmares remind to you where from you come


• The road's nightmare
Tout est noir. Pas une once de lumière. Je ne vois rien, je ne sens rien. Je n’aperçois pas mon corps. Pourtant, je sais que je suis là, dans ce néant intemporel. Les ténèbres se dispersent, et là, toutes mes sensations reviennent. J’aperçois une route, une route meurtrie par ces serpents de terre. Ce n’est pas confortable. J’ai mal au dos. J’ai froid. Je suis fatigué. Où est-ce qu’on est ? « Aodren ». Une voix surgit du silence, tel un murmure porter par un vent invisible. Je tourne la tête. Il est là, mon père. Il me sourit et me dit que nous avons fait la moitié du chemin. Ça y est, je me souviens. Nous sommes dans la voiture. Nous allons en direction de la côte Est pour rejoindre le camp de Mauritanie. Cela faisait déjà 2 jours que nous roulions la journée. Dès que la nuit prenait le dessus sur le soleil, nous nous arrêtions dans des zones éloignées des routes afin de pouvoir nous reposer. Sous ma couverture de laine, je soupire. Je ne comprends pas.



- Pourquoi va-t-on à Mauritanie alors qu’il y a un camp plus proche sur notre continent ? Et pourquoi est-ce qu’on prend des petites routes ? On perd un temps fou, pa’.

- Mauritanie est certes plus loin mais c’est un camp suffisamment grand pour que la gestion et la sécurité soient assurées. J’ai peur que si nous allons dans l’un de ceux d’Amérique, que ça parte vite en « freestyle ». Il faut que tu saches que l’humain n’est pas si différent des animaux. Quand la question de la survie rentre en jeu, il peut être capable du meilleur comme du pire. Et c’est dans ce genre de situation que l’anarchie prend vite le dessus. C’est pour cela, ne fais confiance à personne, fils. Les petites routes font de grand détour mais au moins on évite la civilisation. Je ne veux pas que des personnes voient qu’on a une voiture qui fonctionne et des bidons d’essence dans le coffre.

- Ouais mais tu te rends compte qu’on va devoir traverser l’océan ? On n’a même pas de bateau.

- On va en trouver un. De toute manière, on n’a pas le choix.

Tout redevient noir. Un brouillard s’épaissit. Des visions apparaissent. Une femme crie. Un coup de feu retentit. J’ai peur. La femme pleure. Un coup de feu retentit. Des cris se font de plus en plus forts. J’ai peur. Une douleur me prend aux côtes. Quelque chose d’invisible me les tord. Un rire machiavélique se fait entendre. J’ai peur. La douleur empire. Je cherche cette chose pour me l’enlever mais je ne la vois pas. Je sens une présence derrière moi. Je me retourne, personne. Puis, la voix de mon père se refait entendre. Les ténèbres se dispersent.

- Prends ça avec toi et l’utilise que si tu te sens en réel danger. Compris ? Ta vie pourrait en dépendre, Aodren. N’oublie jamais cela, les mœurs que nous connaissons risquent de ne plus être les mêmes, plus rien ne sera comme avant.

Je regarde sa main. Il me tend un pistolet. Je le prends. Il est lourd et froid. Tout redevient noir. J’ai peur. J’appelle mon père mais il ne me répond pas. J’entends encore ce rire machiavélique. La douleur aux côtes me relance. Toujours et encore cette présence derrière moi. Je me retourne. Il est là, le propriétaire de ce rire. Ma peur est de plus en plus forte. Il rit de plus belle. Je vois son visage. Ô Seigneur ! C’est moi. Il me regarde, il sourit, il rit puis tend son doigt vers moi. J’ai peur. Mon double montre mes côtes. Je porte mon regard sur mon corps qui est devenu visible maintenant. La douleur est incessante. Je saigne, mon pull blanc est recouvert de sang. Mon sang. Je relève ma tête vers mon autre moi. J’ai peur. Il pointe l’arme que mon père m’a donnée dans ma direction. Il sourit et tire sans hésitation.

• The crossing's nightmare
Tout est noir. Pas une once de lumière. Je ne vois rien, je ne sens rien. Je n’aperçois pas mon corps. Pourtant, je sais que je suis là, dans ce néant intemporel. Les ténèbres se dispersent, et là, toutes mes sensations reviennent. Mais qu’est-ce que j’entends ? Serait-ce le chant des oiseaux ? Je regarde autour de moi, le lieu me semble familier. J’essaie de me rappeler, recherche le moindre indice. Je vois un panneau vert : « New York - 5miles ». New York ?

- Aodren, viens vite ! Nos pères ont réussi à réparer le moteur ! On va pouvoir décoller demain matin, cria une voix féminine.

- Sérieux ?! Et le carburant ? Mais attend ! Ce n’est pas dangereux de voler avec le nuage de cendres qui se trouve juste au-dessus de nous ?

- Ils en ont, je ne sais pas où est-ce qu’ils en ont trouvé mais l’avion est prêt à décoller. Et mon père dit que si nous volons à une altitude suffisamment basse pour ne pas être dans le nuage mais suffisamment haute pour éviter les vents de l’océan, on y arrivera. On n’aura pas le droit à l’erreur mais de toute manière, c’est notre seule chance de quitter le continent. Allez ramènes-toi !

- D’accord ! J’arrive, Aya !

Aya ? Oui, je m’en souviens ! C’est la fille unique de Mr Sanders, un survivant que nous avons rencontré sur la route. Ils comptaient aller à la ville de New-York comme nous dans l’espoir de trouver un moyen de franchir l’Atlantique. Sauf que nous étions tous loin de nous imaginer que la métropole se trouverait sous l’eau, où seul le sommet des plus grandes tours pouvait encore être aperçu. Nos espoirs de pouvoir rejoindre Mauritanie par la voie maritime disparurent aussitôt que nous avions vu les routes inondées. Il était impossible de rejoindre la côte.

Ne pouvant refaire marche arrière, nous avions dû survivre en pillant les maisons de campagne désertées afin de trouver de la nourriture consommable. Certaines étaient détruites, d’autres ne tiendraient pas longtemps si un vent violent devait à souffler. Les conditions étaient difficiles, surtout la nuit pendant le 1er trimestre. Avec les températures hivernales et le nuage de cendres qui recouvrait le ciel, il était facile de tomber en hypothermie si nous n’avions rien sous la main pour nous réchauffer. Des semaines s’écoulèrent, puis des mois jusqu’à finalement que nous atteignons l’an 2027. J’avais maigri, j’étais fatigué mais j’avais fini par m’habituer à cette vie. Jusqu’au jour où nos pères, partis pour trouver de la nourriture, tombèrent par hasard sur un aérodrome. Le hangar qui s’y trouvait abritait des avions légers, sans doute, destinés à des courts voyages. Sur les cinq qui étaient présents, deux semblaient être en bon état pour pouvoir voler. Sauf que très rapidement, ils se rendirent compte que l’hélice de l’un d’eux était brisée et que pour l’autre, le moteur était en panne. Ce que nous ignorons mon père et moi lorsque nous avions rencontré les Sanders, c’est que le père d’Aya possédait le brevet de pilote. Une chance ? Oh oui, pour la première fois, la chance nous souriait. Encore fallait-il pouvoir réparer le moteur. De toute manière, il le fallait. Nous savions que nous ne tiendrions pas éternellement avec ce mode de vie.

Tout redevient noir. Un brouillard s’épaissit. J’entends quelque chose. L’air, j’entends le sifflement de l’air. Les ténèbres se dispersent partiellement. J’ai froid, terriblement froid. Où suis-je ? Je regarde autour de moi, j’aperçois des murs métalliques, deux sièges et un tableau de bord. L’avion ! C’est l’avion que nous avons pris pour traverser l’Atlantique. Mais… Il n’y a personne ! Où sont-ils ? Personne ne conduit et pourtant l’oiseau de fer vole et continue de suivre sa trajectoire. « Aooodreeen ». Mon corps se mit à frissonner à l’appellation de mon prénom. Ce murmure… La peur, encore cette sensation qui parcoure chaque parcelle de mon corps. Je sens cette présence malsaine. Je me retourne. Il est là, au fond de l’avion. Ô seigneur ! C’est toujours mon double qui me regarde avec insistance et malveillance. Il me sourit et ce qui se trouvait sous mes pieds se mit à trembler. J’essaie tant bien que mal de tenir debout, jusqu’à ce que le plancher de l’avion s’effondre. Plongeant droit vers l’océan, je chute à une vitesse fulgurante. Je crie, je pleure, je ne veux pas mourir. L’eau qui me semble être celle de l’Atlantique devint rouge sang. Puis, je percute de plein fouet l’eau dans un craquement métallique.

• The quarrel's nightmare
Tout est noir. Pas une once de lumière. Je ne vois rien, je ne sens rien. Je n’aperçois pas mon corps. Tout n’est que néant et absence autour de moi. Encore un de ces fichus cauchemars ! Je sais maintenant comment se déroulent mes rêves. Ça n’a plus de secrets pour moi. J’attends, j’attends que les ténèbres se dispersent mais, pourtant, rien de cela ne se produit. Je ne comprends pas. Même cette sensation de peur que je ressentais jusque-là n’est plus. Arriverais-je à rêver pour la première fois ? Comme pour répondre à cette question, mon double cauchemardesque apparut en face de moi. Il avait mon apparence de lorsque j’avais 24 ans. Contrairement aux autres fois, son visage était serein, il me lançait ce genre de regard curieux.

- Qu’est-ce que tu me veux ? lui criai-je.

Ma voix résonnait dans l’espace intemporel. Il semble ne pas comprendre ma question et se met à chercher de haut en bas, de droite à gauche quelque chose. Puis, il s’arrête sur un point fixe. Curieux, je porte mon regard sur la chose qui semble avoir attiré son attention. Des scènes, nous voyons tous deux des scènes que je connaissais, que j’avais vécu, réfléchi par une lumière jaune.

- Aodren, te souviens-tu de ce que nous avons vécu depuis que nous avons réussi à atterrir avec l’avion ? Moi pas. Je ne me souviens de rien. S’il te plaît, résume-moi notre vie depuis que nous sommes avec ce groupe de réfugiés. Et dis-le à voix haute, j’ai beau savoir lire dans tes pensées, je n’aime pas le faire. Il fait sombre dans ta conscience. Je n’aime pas le noir, j’ai peur du noir.

Je suis perdu. Ce rêve n’a rien d’un cauchemar, ni d’un rêve d’ailleurs. J’ai plus l’impression de parler avec une partie de moi-même. Je n’ai pas envie de le faire, me voir en face ne m’inspire rien de bon. Mais au fond, une force m’oblige à passer à l’acte.

- Euh… Très bien. Nous avons réussi à atterrir malgré que nous n’ayons pas de piste d’atterrissage. Ce fut short mais nous avions réussi. Ensuite, nous avons marché pour au final trouver le camp. Et heureusement, il ne nous restait que très peu de vivres. Nous nous sommes installés, mais à cause d’une épidémie, le camp a dû bouger. De ce que j’avais compris, ce n’était pas la première fois qu’ils en subissaient une. Alors le Premier Exode a eu lieu. Nous avons suivi Sarah Lee avec de nombreux autres survivants alors que l’autre partie du groupe préférait partir vers l’Est.

- Oh ! Et était-ce dur ? Enfin, avons-nous souffert physiquement durant cette Exode ?

- Non ! Pas physiquement… Mais d’un point de vue psychologique, oui. La chaleur était suffocante, il faisait extrêmement chaud. Je n’avais jamais connu ça auparavant.

- Et ensuite ?

- Ensuite ? Nous avons finalement trouvé une oasis où nous installer. Après, si au niveau des grosses têtes, les évènements se sont enchainés ; pour moi et mon père, nous avons pu retrouver un semblant de vie tranquille. Nous étions que de simples citoyens, nous avons fini par devenir des petits marchands comme la grande majorité des survivants et nous vivions ainsi. Ouais, voilà en gros le résumé. Rien d’extraordinaire, avec mon père, nous avons survécu et c’était suffisant pour que nous continuions à vivre de cette manière.

Ce que je venais de dire était vraiment résumé. Je ne voyais pas l’intérêt de répéter, à ce qui semble être ma subconscience, les petits détails qui font que chaque jour fut différent. Nous avions rencontré de nouvelles personnes, avions gardé le contact avec le père et la fille Sanders mais rien de cela n’était nécessaire à raconter pour comprendre comment nous avons fait pour arriver où nous en sommes. Mon double se mit à faire la moue comme si ma réponse ne lui suffisait pas. Il me regarde avec insistance et, une nouvelle fois, avec malveillance. Rapidement, son comportement vis-à-vis de moi changea.

- Et notre père ?  Aurais-tu oublié de nous dire qu’il est mort. 2035… Cela ne te rappelle rien ? C’est de ta faute s’il est mort, Aodren. Si tu ne te serais pas disputé avec, il serait encore là aujourd’hui.

2035 ? Oui, je vois où il veut en venir. 2035 est l’année où mon père a perdu la vie dans cette coulée de boue qui avait ravagé aussi bien les bâtisses qu’une bonne partie de la population. J’ouvre la bouche pour lui répondre que je n’ai rien à voir avec sa mort mais aucun son n’en sort. Je suis incapable de parler. Que m’arrive-t-il ?

- Il voulait devenir un soldat, il voulait que tu en deviennes un, Aodren. Être des marchands ne vous convenait plus. Mais toi, égoïste que tu es, tu as refusé de le devenir. Tu préférais mieux être un Bootleggers, disais-tu. Vous vous êtes fâchés, à un point que cela avait failli en venir aux mains. Il ne comprenait pas ta décision, il voulait que tu donnes un véritable sens à ta vie en aidant la civilisation et non que tu contribues à ces sales activités. Fâché, notre père est sorti pour ne plus apercevoir le fils qui l’a tant déçu et il n’est plus revenu. Le destin avait voulu qu’il soit là où la nature jetterait son fléau. Vois-tu, Aodren… Si tu ne t’étais pas disputé avec, il ne serait pas parti et dans ce cas, il serait toujours vivant. C’est de ta faute si nous n’avons plus de père, Aodren. C’est de ta faute ! C’est de ta fauuute !


Forget the past, moving forward



[En lien avec la partie du dessus]
Paniqué. Voilà l’état dans lequel je venais de me réveiller. Mon cœur battait la chamade et mon corps était recouvert de sueur. Les yeux grands ouverts, je regardais autour de moi. J’étais dans mon lit, je touchais les draps pour vérifier que tout ceci était bien réel et non un de ces fichus cauchemars. Me retournant pour être sur le ventre, je jetai d’innombrables jurons. Trois cauchemars. Je venais d’enchainer trois cauchemars différents en une seule nuit. Une nuit qui, d’ailleurs, n’était pas terminée, comme me l’indiquait la forte lueur dégagée par l’astre lunaire. J’essayais de me rappeler des paroles prononcées par la Chose qui me reflétait. Bien entendu, je ne m’en souvenais plus. Mais je savais que c’était suffisamment violent pour que je me retrouve dans un état pareil.


Je n’aimais pas dormir. Aller à mon lit signifiait pour moi replonger dans mes souvenirs, des souvenirs que je ne veux plus revoir ou ni entendre. Mes rêves se résumaient à montrer des flashbacks de mon passé. Il n’y avait pas une seule soirée où je pouvais échapper à mon vécu, comme si mon cerveau était programmé à répéter en boucle ces scènes. Les yeux rivés sur le sol, je me mis à repenser à ce que j’avais vécu depuis 2035.  

Avec les survivants de la coulée de boue, nous étions partis vers le Nord et les massifs montagneux du Hoggar. Ayant connu le Premier Exode, je savais à quoi m’attendre durant le trajet. Sauf que cette fois-ci, je n’étais plus accompagné pour voyager. La mort de mon père fut difficile à accepter dans le sens où je n’arrivais pas à croire que si nous nous n’étions pas disputés, il serait toujours là, présent à mes côtés. Mais très vite, tout comme à la disparition de ma mère, je dus me ressaisir. Dans le monde dans lequel nous vivons maintenant, nous n’avons plus le temps de nous lamenter sur notre sort. Soit tu te bouges les fesses et tu vis, soit tu te laisses aller et tu crèves. Telle est la règle, même si des lois ont été mises en place, laissant apparaitre un peuple civilisé, et que nous ne sommes plus autant livrés aux caprices de la nature.

Durant plusieurs années, je n’ai fait que vivoter. C’est surtout à partir du jour où nous avons posé les pieds dans la ville d’Abalessa que j’ai réellement commencé à vivre. Avec les sables du temps, je me suis forgé un caractère à part entière. Autrefois naïf, innocent et de bonne moral, j’ai fini par devenir de ceux qui n’hésitent pas à tenir le bout des ficelles en usant de stratagèmes peu recommandables. Je joue beaucoup avec l’apparence, une qualité semblerait-il qui rapporte au TMK. J’apprécie la vie que je mène. Je ne dissimule pas ce que je suis devenu ; un Bootleggers fier d’exercer son job et qui s’assume de la tête aux pieds, contrairement à ces citoyens et soldats qui se cachent derrière de belles paroles alors qu’en réalité, ils ne valent pas mieux que ceux de mon groupe. Depuis la mort de mon paternel, ma méfiance envers les soldats est plus grande. D’une certaine manière, je les tiens pour responsable de sa mort. Une façon bien égoïste de penser, je sais…

Maintenant, pour moi tout ce qui m’importe, c’est d’avancer au jour le jour. J’ignore ce que me réserve l’avenir. Peut-être un futur glorieux ou au contraire, un destin funeste comme cette Antinea retrouvée morte. Je l’ignore. Mais une chose est sûre, ce ne sera surement pas l'inconnu qui me fera flancher et le passé qui me laissera des remords.







Dernière édition par Aodren Weiss le Mar 22 Mar - 19:41, édité 14 fois
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Avatar : Freida Pinto

MessageSujet: Re: Aodren Weiss - Qui a dit que les serpents du désert sans venin n'étaient pas dangereux ? Mar 1 Mar - 22:21

bienvenue parmi nous !!

Contente de voir New Vegas se peupler !!!

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Avatar : George Blagden

MessageSujet: Re: Aodren Weiss - Qui a dit que les serpents du désert sans venin n'étaient pas dangereux ? Mer 2 Mar - 1:05

Bienvenue hug03 et en Bootlegger en plus love

Faudra qu'on se trouve un lien!!!

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There are promises broken and promises kept

I wonder if the snow loves the trees and fields, that it kisses them so gently? And then it covers them up snug, you know, with a white quilt; and perhaps it says "Go to sleep, darlings, till the summer comes again."

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Avatar : Charlie Hunnam

MessageSujet: Re: Aodren Weiss - Qui a dit que les serpents du désert sans venin n'étaient pas dangereux ? Mer 2 Mar - 12:47

Merci à vous deux ! trois Je trouvais qu'il manquait un peu de mauvais enfants dans le coin.

Aaron, pas de soucis pour le lien, je suis partant(e) ! salute

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Avatar : Ben Barnes

MessageSujet: Re: Aodren Weiss - Qui a dit que les serpents du désert sans venin n'étaient pas dangereux ? Mer 2 Mar - 16:04

Bienvenue et bon courage avec ta fiche! hey
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Avatar : Charlie Hunnam

MessageSujet: Re: Aodren Weiss - Qui a dit que les serpents du désert sans venin n'étaient pas dangereux ? Mer 2 Mar - 17:36

Merci, Arthur ! hey

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MessageSujet: Re: Aodren Weiss - Qui a dit que les serpents du désert sans venin n'étaient pas dangereux ?

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Aodren Weiss - Qui a dit que les serpents du désert sans venin n'étaient pas dangereux ?
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