L'event a été lancé ici

Partagez|

Event 01: Ashes to ashes, dust to dust

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas
Aller à la page : 1, 2  Suivant
AuteurMessage
MessageSujet: Event 01: Ashes to ashes, dust to dust Sam 16 Jan - 2:52

Event 01
Ashes to ashes,
Dust to dust


Une semaine après l'annonce de sa mort, Adiba Khalouani, Troisième Antinea, quitta pour la dernière fois la demeure familiale de Gizeh, puis la Cité par la Porte Sud. Alors que le soleil se levait, une partie de la population s'était amassée dans les rues pour voir passer une dernière fois celle qui avait guidé leur peuple jusqu'à un endroit sûr, veillée par les siens. Des fleurs avaient été jetées sur le passage du cercueil finement sculpté alors qu'il traversait la ville endeuillée pour rejoindre la plus petite des trois îles, suivi d'une foule toujours plus nombreuse. Il fut escorté par un groupe de soldats pour traverser le bras d'eau puis à l'endroit où il serait enterré une fois la cérémonie terminée.

Sur l'île attendait déjà une autre partie de la population, certains présents dès l'aube pour avoir une bonne place. Des rives ouest, parfois montés sur les bâtiments des embarcadères, jusqu'aux ponts menant aux autres îles, ils étaient venus par centaines pour faire leurs adieux à la jeune femme. Tous s'étaient rassemblés autour du Mémorial de la Fondation d'Abalessa, monument que la troisième Antinea avait inauguré à peine trois ans auparavant. Si les célébrations de ce jour-là avaient été joyeuses et animées, aujourd'hui le silence était pesant et les visages fermés, tous tournés vers les Grandes Familles qui se tenaient près de l'estrade élevée pour l'occasion.


Tous avaient à l'esprit les rumeurs qui courraient désormais partout en ville, celles accusant l'une de ces familles, ou au moins un de ses membres, d'avoir assassiné leur dirigeante. Et parmi les murmures qui traversent discrètement la foule, un revient régulièrement. On dit que les Fordistes ne reculeront devant rien pour mettre une Antinea de leur parti sur le trône, y compris se manifester en ce jour de recueillement, et que le nombre de soldats surveillant les abords du monument a été doublé en conséquence.

Alors que la chaleur de l'été reprend lentement sa place et que le soleil illumine ceux venus présenter leurs derniers hommages à Adiba Khalouani, des soldats amènent le cercueil jusqu'à l'estrade et l'installent au centre avant de rejoindre leurs postes à l'arrière. Le début de la cérémonie ne devrait plus tarder, les Grandes Familles prennent déjà leurs places de part et d'autres de la famille Khalouani et du Régent tandis que la foule se rapproche un peu plus, repoussant légèrement les barrières qui la séparent de l'estrade.


Déroulement:
 
Revenir en haut Aller en bas
http://abalessa.forumactif.org
avatar

Avatar : Freida Pinto

MessageSujet: Re: Event 01: Ashes to ashes, dust to dust Sam 16 Jan - 13:07


Aujourd’hui, les habits de deuil sont de mise. Aujourd’hui, Adiba Khalouani va officiellement être inhumée. J’ai longtemps hésité à suivre le cortège. Pour tout un tas de raisons très valables. Je me suis même pris la tête avec Tahar qui n’a pas compris pourquoi j’ai finalement décidé de m’y rendre. Pour lui, c’est tout bonnement hors de questions. Pour tout un tas de raisons très valables elles aussi. Et plus valables que les miennes en plus. Mais ça je n’ai pas voulu le reconnaitre devant lui. Je ne sais pas pourquoi j’avais rejoint la foule dans les rues d’Abalessa. Mais quelque part j’aimais cette atmosphère. Ce n’est pas le cortège que je regarde, ce sont les gens. Ceux qui pleurent, ceux qui ont perdu leur guide. Elle n’a pas été la mienne, et je me sens étrangère à tout cela, mais elle, elle méritait sa distinction. Elle a voulu bien faire, pour tous ces gens. Moi aussi, je voudrais bien faire, protéger ces survivants, pour qu’ils ne subissent plus ce qu’on a subi.


Je dois respirer profondément au moment de traverser l’oued. L'embarcadère me fait peur, mais c'est surtout l'idée de traverser jusqu'aux îles. Je sais qu'il n'y a pas loin, vraiment pas loin, mais cela reste pénible. En plus la foule se presse et les gens sont nombreux à vouloir prendre place sur les embarcations. J’aurais vraiment préféré que Tahar soit là. Je n’aime toujours pas cela, je suis toujours malade quand je suis trop proche de l’eau. Je me concentre sur les gens présents, sur la personne devant moi aussi qui me sert de point fixe pour me calmer alors que mon cœur bat un peu trop vite. Mes doigts sont crispés sur sa tunique, j’espère qu'elle n’a pas remarqué, alors que l’embarcation tangue un peu. Tant que me tête ne rencontre pas l’eau, tout ira bien. Une fois sur terre, je me dépêche de descendre. Le monde est incroyable. Les gens sont vraiment venus en masse pour lui dire au revoir. Bon, d’autres seraient là pour une autre raison à en croire des murmures qui circulent. Je fronce les sourcils en en entendant certaines. Bien sûr que les Fordistes veulent mettre quelqu’un de leur parti sur le « trône », et bien sûr que je voterai pour des gens dont la volonté est d’utiliser une science raisonnée pour améliorer nos conditions de vie et offrir réellement des chances égalitaires à tous. Néanmoins, je n’aime pas certains sous-entendus. Est-ce qu’ils insinuent que les fordistes auraient éliminé l’antinea pour provoquer de nouvelles élections ? Ridicule ! Est-ce qu’ils prendront la parole aujourd’hui ? Ce serait étonnant, car ils se mettraient la population à dos. Pas impossible, mais risqué, et surtout, je ne suis pas au courant. Bousculée, je me fraye un chemin pour l’approcher de l’estrade, poussée par je ne sais quel désir malsain d’assister à cet au revoir. Je n’ai jamais vu de deuil d’Antinea mais les dernières funérailles auxquelles j’ai assistées avaient été les plus désastreuses pour moi et m’avaient laissée dans un état lamentable. Personne ne le savait ici. Certains croyaient savoir, je les distinguais d’ailleurs, malgré la foule qui passe devant mes yeux. Tarek notamment, près de l’estrade. Lui, ce n’est pas l’antinea qu’il salue mais la femme qu’il a aimé. Et je me doute qu’il doit être celui qui souffre le plus aujourd’hui, avec les sœurs Khalouani. Pourtant, on attend de lui qu'il soit fort, qu’il soit le Régent jusqu’à la fin, qu’il taise l’homme en lui. Quelle cruelle mascarade. De là où je suis, je ne vois pas grand-chose. Pressée de toute part, je tente de garder l’estrade en vue, mais constate que les gardes sont réellement déployés, comme Arthur que j’aperçois, à plusieurs mettre, les yeux rivés vers la foule et non vers l'estrade.

Mon attention se reporte sur les Grandes Familles, dont je devine le chagrin – du moins pour certains. D’autres ne sont clairement là que pour la parade. Mais surtout le cortège. Le corps d’une femme est là. Et une boule grossit dans mon ventre, rappelant des souvenirs douloureux qui me font fermer brièvement les yeux et resserrer mes bras sur ma poitrine.

_________________
Life's for the living so live it
Revenir en haut Aller en bas
http://abalessa.forumactif.org/t94-samra-jihan-c-est-dans-le-sil
avatar

Avatar : George Blagden

MessageSujet: Re: Event 01: Ashes to ashes, dust to dust Lun 18 Jan - 1:53


Il n'avait pas dormi de la nuit. D'abord parce qu'il avait passé la soirée à New Vegas, noyant avec une partie de ses concitoyens les émotions que soulevait la cérémonie du lendemain sous une bonne dose d'alcool, ensuite parce qu'il ne savait pas quoi faire. Il portait le nom d'une Grande Famille, il devrait se trouver avec eux près d'Adiba, qu'il connaissait d'ailleurs depuis qu'il était enfant et avec qui il avait eu de longues conversations passionnantes. Mais il avait aussi tout fait pour s'éloigner d'eux et de leurs histoires, sans que ce soit un réel succès. Il aurait voulu être avec sa famille parce qu'il le pouvait encore, mais la grande majorité de celle-ci ne voyait en lui qu'un moyen pour une fin. Et il y avait eu les souvenirs des autres cérémonies. Celle pour Sarah, alors qu'ils venaient de trouver l'oasis qui leur permettrait de survivre. Celle pour Cheyenne, au milieu du désert qui avait vu mourir une grande partie des leurs.


Levé bien avant l'aube, il s'était directement rendu à l'embarcadère le plus au nord et avait observé de loin les soldats traverser et se mettre en position, devinant les silhouettes du Commandant et du Capitaine qui surveillaient les préparatifs sur l'autre rive, pour finalement se mêler au premier groupe de citoyens qui avait pu traverser. Il avait évité les abords du monument le temps que l'île se peuple, pour finalement s'approcher et se mêler à la foule sur la droite de l'estrade, tout en restant à quelques mètres des barrières. Une dernière hésitation, parce qu'il y avait des gens qui comptaient malgré tout de l'autre côté de cette frontière temporaire, qui avait disparu en la suivant du regard.

Il pouvait voir les soldats postés à intervalles réguliers sur toute la largeur de l'île, dont Arthur presque en face de lui, et les Grandes Familles plus loin. Diya, Safia et Zayn, aux côtés de Tarek. Les Alcasers, les Kamara, les d'Auriac, les Huang et presque tous les Lee et Lindell autour d'eux. Son père, son frère et sa sœur, droits et dignes, l'air sincèrement troublé par cette perte. C'était sûrement vrai pour sa jumelle, moins pour les deux autres. Peut-être juste par rapport à la nouvelle fragilité de l'alliance Khalouani-Lindell, surtout avec les rumeurs qui traînaient.

Mais ce n'était ni le jour ni l'endroit pour faire de la politique, des vagues ou revendiquer quoi que ce soit, malgré ce que disait d'autres rumeurs qui se répandaient beaucoup trop rapidement autour de lui. Ce qui expliquait aussi le nombre important de soldats pour l'occasion. Il y eu un mouvement de foule lorsque le cercueil apparu, l'emportant un peu plus près des barrières. Il crut voir Samra plus loin, sans en être vraiment sûr, et reporta son attention sur l'estrade. Ça ne devrait plus tarder à commencer maintenant, et avec un peu de chance tout se passerait bien.

_________________

There are promises broken and promises kept

I wonder if the snow loves the trees and fields, that it kisses them so gently? And then it covers them up snug, you know, with a white quilt; and perhaps it says "Go to sleep, darlings, till the summer comes again."

Revenir en haut Aller en bas
http://abalessa.forumactif.org/t32-aaron-lindell-conceal-don-t-f
avatar

Avatar : Ben Barnes

MessageSujet: Re: Event 01: Ashes to ashes, dust to dust Lun 18 Jan - 17:29


Je pourrais prétendre que tout ceci ne me fait ni chaud ni froid, simplement me tenir en rang avec les autres qui ont été attitrés à la surveillance de la foule en cette journée de deuil. Les autres qui comme moi on prit les embarcations tôt en ce début de journée afin d'aller prendre place en bordure de l'estrade pour y accomplir leur devoir, le visage aussi froid et fermé que possible pour se concentrer sur la tâche à accomplir et non la mort de cette grande Antinea qui nous a mené où nous sommes. Cependant, ça n'est pas totalement le cas. C'est la troisième fois que je dois assister à ce spectacle, bien que j'ai le sentiment que jamais ça n'a été aussi grandiose. Peut-être est-ce parce que mon jeune cerveau de l'époque a fait abstraction des détails ou simplement parce qu'il est biaisé par le fait que cette fois, tout comme la dernière, je n'arrive à avoir de pensées que pour ma grand-mère. Elle est partie trop tôt, trop tôt pour moi, et il ne passe pas une journée sans que j'y pense, mais des journées comme celle-ci... c'est comme si je revivais ce cauchemar d'enfant qui m'a précipité de force dans les bras de ma génitrice que je prévois d'ailleurs éviter au possible, comme toujours.


La foule commença a se presser sur l'île, certains en larmes et d'autre simplement attristés de traits. J'y vu une partie de ses gens que je connais depuis l'enfance, ses autres que j'ai connu à errer loin de chez moi. J'ai vu les membres des autres grandes familles s'avancer à l'avant de la foule, endroit où je suis plus qu'heureux de ne pas me trouver. Pas parce que j'ai peur de me sentir pointé du doigt par les rumeurs qui circulent, mais simplement parce que ça n'est pas ma place et ne le sera jamais. Je suis bien où je suis, à l'avant, mais pour une bonne raison. Je préfère protéger la foule que la guider, m'effacer et être présent au besoin plutôt qu'affirmer ma présence haut et fort devant tous. Si seulement il pouvait en être de même pour ma mère et cette prétendue sœur que je possède, je n'en serait que davantage heureux.

En parlant de grandes familles et de foule, je remarque Aaron non loin devant moi et l'observe un instant avant de détourner le regard et continuer d'observer la foule chagrinée en me demandant si vraiment quelqu'un oserait perturber le dernier voyage de notre défunte Antinea. Je me suis également demandé pourquoi Aaron ne se trouvait pas avec les siens, car après tout il est comme moi. Un membre à part entière de ses grandes familles. Serait-il davantage comme moi que je le supposais, peu enclin à véritablement en faire partie? Il faut dire que même si je le connais depuis longtemps, je n'ai jamais vraiment prit le temps de lui poser la question.

Un mouvement balaya la foule afin de faire place au cercueil qui s'avança et je ne pu m'empêcher de me sentir soudainement tendu. Pas simplement par le mouvement de la foule, mais plutôt par ce que signifiait l'arrivé du cercueil sur les lieux. La cérémonie allait bientôt commencer, ses gens sur l'estrade commenceraient à parler et sans doute bien vite les problèmes potentiels allaient arriver si problèmes il devait y avoir. Ça seul le temps nous le dire, mais j'espère simplement que cette sécurité doublée arrivera à dissuader toute personne qui avait en tête de réaliser un acte pouvant troubler l'apparent calme du moment.
Revenir en haut Aller en bas

Invité

MessageSujet: Re: Event 01: Ashes to ashes, dust to dust Mar 19 Jan - 16:35


Aujourd'hui mon cœur est lourd, atrocement lourd. Cette cérémonie me ramène à cette triste réalité que beaucoup trop de gens connaissent ces dernières années. On m'a enlevé ma sœur, ma jumelle. Comment peut-on envisager survivre quand l'autre n'est plus. Elle était une partie de moi, ma continuité, mon Tout et quelqu'un me l'a prise. En plus du désespoir, c'est la haine qui m'anime aujourd'hui, une haine silencieuse, comme le fauve tapi dans l'ombre, la rage résonnant au creux de ses entrailles qui n'attend que le moment opportun pour se jeter à la gorge de sa victime.

Encapuchonnée sous une étoffe noire, le regard vide, je fais face à toutes ces personnes venues pour accompagner une dernière fois cet être cher, cette Reine. Mais je sais parfaitement que dans ces mines attristées, certaines ne sont que de pathétiques mises en scène. Je sais que parmi eux se trouvent les meurtriers. Je les imagine, dans cette foule, jubilant derrière leur masque d'être parvenu à bouleverser ainsi la vie de la Cité et croyant voir se dessiner devant eux leurs sombres desseins. Mais moi vivante, jamais ils n'y parviendront. Car un jour, leur crime sera révélé au grand jour et alors le châtiment tombera et enverra leurs âmes pourrir là où personne ne souhaiterait aller. Alors ce jour là, cela sera mon tour de rire devant leur désolation, un doigt accusateur pointé sur leurs pauvres âmes.

La foule se meut, mon regard trouve alors son cercueil en procession, encore couvert de ces pétales parfumées jetées par les habitants de la cité. Aucune fleur sur cette Terre, que cela soit dans ce monde ou dans l'ancien, aucune ne saurait représenter celle qu'elle était, une femme forte, prête à tout pour son peuple.

Avant de la mettre dans cette affreuse boîte, j'avais soigné une dernière fois son corps et nous l'avions paré de ses plus beaux vêtements avant de l'envelopper dans son linceul. Mais maintenant, j'étais condamnée à ne la voir que sous la forme de ce tombeau en bois verni que je déteste déjà tant. Mon cœur se gonfle davantage à mesure qu'il approche. Mon regard se pose sur ma gauche, puis sur ma droite, sur toutes ces âmes encore vivantes et composant les autres Grandes Familles. Qui est le traître, qui est l'allié ? Certains m'avaient déjà fait part de leurs soutiens et bons sentiments. Je n'en ai cru que très peu. Je connais les murmures qui secouent la foule aujourd'hui. Je suis au courant de toutes ces rumeurs … Mais je ne laisserai personne venir troubler cet instant de recueillement et si jamais quelqu'un ose me priver de cet instant, il le paiera chèrement. Je regarde ensuite ma jeune sœur blottie contre mon cousin, puis Tarek … Je soupire. Finalement, mon regard se ferme et mes lèvres se mettent à formuler des prières silencieuses, destinées à elle seule.
Revenir en haut Aller en bas

Invité

MessageSujet: Re: Event 01: Ashes to ashes, dust to dust Lun 25 Jan - 19:45


Se tenir droit et fier, le regard vers l'horizon. Ne pas faiblir, ne pas songer à autre chose qu'au déroulement de la cérémonie et faire en sorte qu'elle soit à l'image de celle dont elle honore la mémoire: sincère, naturelle, authentique, et simple. J'ai insisté auprès des assesseurs et de l'Imam qui doit conduire les prières. Cette inhumation  se doit d'être œcuménique, même si Adiba partageait ma confession. Chaque citoyen doit pouvoir prier pour l'Antinéa à sa façon. J'ai voulu la cérémonie à son image, pacifique, unificatrice et non sectaire. Aucune âme d'Abalessa ne doit se sentir exclu de ces adieux, que ce soit par la politique ou par la Foi. J'ai du argumenter longuement aussi pour que la cérémonie soit, en théorie accessible aux réfugiés.


Les regards noirs, le mépris, ont glissé sur ma détermination. Adiba n'avait jamais oublié que nous avions tous été des réfugiés à un moment de notre histoire, chaque famille, même la plus illustre, avait connu l'exode. Et je voulais que chacun s'en souvienne. J'étais à pied d’œuvre sur l'ile depuis le lever du soleil et à vrai dire je n'avais dormi que deux heures d'un sommeil léger et très agité. Lorsque l'alcool ne m'assommait pas, j'étais incapable de me reposer véritablement. A l'accablement, au chagrin qui n'allait qu'en s'amplifiant plus la date fatidique approchait, s'étaient ajoutées une angoisse et une agitation fébrile qui me rendaient très peu abordable. Bien que mon apparence physique n'en laissât rien paraître, j'étais dans un état d'épuisement assez avancé. Épuisement que j'avais décidé d'ignorer jusqu'au jour où les coupables seraient identifiés et confondus. Alors je les tuerais de mes mains, tous, l'un après l'autre, du commanditaire à l'exécutant, puis enfin, je m'accorderai le droit d'être épuisé, et de mettre un terme définitif à cet état.

Pour l'heure, rien ne transparaissait, et après avoir supervisé l'érection de l'estrade et des tentures dressées pour protéger les Grandes Familles du soleil, après m'être assuré que les étales de rafraichissements et de victuailles étaient convenablement garnis et prêts à restaurer les dignitaires présents aux funérailles de l'Antinéa, après m'être assuré de l'alignement de la moindre gamine sélectionnée pour avoir l'honneur de jeter des pétales au passage du cortège, après avoir vérifié avec ma garde, l'état des barques destinées à la traversée de l'estuaire, j'avais pris place à la droite de la Famille Khalouani qui tenait le centre devant l'estrade. J'avais décidé de ne pas voir leurs regards. Aucun. Pas même celui de Safia, qui peut-être serait plus amène que celui des autres. Ils ne m'aimaient pas, ne m'avaient jamais acceptés, mais peu importait.

Aujourd'hui le fait même que je me tinsse à cet endroit précis, était force de symbole, incarnant la volonté de cette merveilleuse personne qu'était l'Antinéa Adiba Khalouani, une volonté de rassembler plutôt que de diviser, une ouverture d'esprit plutôt qu'une exclusion. Et surtout, la reconnaissance du mérite par les actes et non par la naissance. En ce jour, je devais plus que jamais me montrer digne de la confiance qu'elle avait placé en moi et de l'esprit qui animait ses choix politiques. Aujourd'hui je réaffirmais les miens aussi, même si ce n'était pas pour moi. Je le faisais pour les autres hommes et femmes issus du Peuple qui avaient la volonté de participer au destin d'Abalessa, je le faisais pour défendre leur droit à la reconnaissance de leur mérite par l'acte, le dévouement. Je le faisais pour elle. Oui, j'étais un homme issu du Peuple et j'y retournerais. Mais j'avais aussi bien servi et bien souvent mieux, l'intérêt de la Cité et de ses habitants, que ces fils et filles de bonne famille à qui ont prêtait toutes les vertus au seul prétexte de leur naissance.

L'aimer, en ce jour, s'exprimait par le témoignage de ce qu'elle avait été. La seule façon de l'exprimer que j'avais était d'avoir une attitude digne et magnanime envers mes détracteurs. Ainsi faisais-je abstraction du mépris larvé des grandes familles qui m'entouraient. Ainsi me refusai-je à toute spéculation quant aux rumeurs et à la liste des coupables potentiels, laquelle s’allongeait de jour en jour. Un autre temps serait consacré à leur châtiment. Ainsi me refusais-je à envisager ne fusse qu'une seule seconde que l'un ou l'autre des partis instrumentalise les Adieux du Peuple d' Abalessa à Adiba, leur Antinéa, et s'en serve de tribune. Quand bien même s'y risqueraient-ils, ils auraient à périr par le fil de mon sabre, quel qu’en fussent les conséquences. Mon amour pour elle, en ce jour, rejoignait et se perdait dans celui du Peuple qui ne s'y était pas trompé et savait la passion, le dévouement qu'elle lui avait consacré. Je n'étais que le sujet pleurant son Antinéa, le Second regrettant sa Souveraine.

Et lorsque son cercueil apparut en tête du cortège funéraire, porté par des soldats, rien ne trahissait la douleur qui me ravageait intérieurement sauf peut-être, pour qui me connaissait assez, cette légère contraction du coin gauche de ma bouche. Mais la seule personne qui pouvait capter ce signe, à ma connaissance, était ma sœur aînée, demeurée parmi nos amis du désert...
Mon regard clair, à peine plus brillant, fixait l'horizon. Un horizon vide pour moi... L'avenir pour Abalessa. Et si j'avais cessé de croire au Tout Puissant, et au pouvoir des prières, je formais des vœux pour qu'il fut aussi prospère qu'Adiba l'avait rêvé.   
Revenir en haut Aller en bas
MessageSujet: Re: Event 01: Ashes to ashes, dust to dust Mar 26 Jan - 6:08

Alors que les Grandes Familles finissent de s'installer, les derniers arrivants se pressent pour apercevoir l'estrade et la foule qui l'entoure. Les embarcadères furent finalement fermés, les dernières barques chargées s'arrêtant aux abords pour assister à la suite. D'une rive à l'autre, l'île n'est plus qu'une marée de visages recueillis, soucieux ou peinés, se pressant un peu plus vers celle qui avait été leur guide à travers le désert. De nombreux autres se pressent sur les ponts reliant aux autres îles, dont les rives sont elles-aussi couvertes de monde, et les plus observateurs pouvaient même distinguer d'autres silhouettes sur le pont reliant Abalessa au Camp des Réfugiés. Tous les regards étaient désormais tournés vers le cercueil de la Troisième Antinea, et le silence tomba tandis que le Grand Archiviste s'avançait au milieu des Grandes Familles pour ouvrir la cérémonie.

D'une voix grave et claire, il rappela à tous qui était celle qu'ils honoraient une dernière fois. Fille d'Idriss Khalouani, fondateur du Premier Conseil, elle avait œuvré très tôt pour le bien du Camp de Mauritanie, et il en avait été de même lors des deux Exodes. Le discours était neutre et honnête, évoquant l'aide apportée aux survivants lors des inondations de 2035 puis la dirigeante qu'elle avait été, la ville qu'elle avait aidé à fonder et qui était devenue leur Cité. Bientôt une nouvelle Antinea serait élue, la ville prendrait sûrement une autre direction, mais ils ne devaient pas oublier le passé pour autant, continuer d'honorer la mémoire des femmes qui leur avaient permis de survivre et rester unis pour l'avenir d'Abalessa.


Alors que le Grand Archiviste terminait son discours pour laisser place au Régent, un nouveau mouvement de foule se fit sentir. L'ancien Touareg était connu des habitants depuis qu'il s'était joint à eux quelques années auparavant, le plus souvent de manière positive. Retenant un enfant qui allait tomber de l'un des ponts, un soldat jeta un regard mauvais à l'égyptien qui allait prendre la parole avant de reprendre sa contenance et son rôle en croisant le regard de son Commandant. Un rôle important, celui de la sécurité de leurs concitoyens, peu importe ce qu'il en coûtait et malgré cette agitation pourtant silencieuse. La mer de corps bougeait et ses vagues se rapprochaient dangereusement de l'estrade, mais rien que l'Armée ne pourrait endiguer.


Déroulement:
 
Revenir en haut Aller en bas
http://abalessa.forumactif.org

Invité

MessageSujet: Re: Event 01: Ashes to ashes, dust to dust Mer 27 Jan - 19:00


Le moment était venu et je m'avançai à mon tour après le Grand Archiviste qui avait prononcé un discours aussi objectif que possible, neutre mais rendant justice au travail accompli par Adiba lors de son règne ou plutôt mandat. J'avais préparé un discours qui rejoignait le sien sur plusieurs points, mais cette concordance risquait de lasser l'auditoire ou de me placer dans une perspective qui ne me convenait plus à présent. Certes j'étais le Régent, certes, j'étais un officiel. J'avais un rôle, à défaut d'un rang, dans cette ultime protocole du pouvoir. J'avais mémorisé mon discours sans avoir besoin d'une feuille  comme ce pouvait être le cas de certains orateurs. Pourtant, alors que je m'avançais  sur l'estrade et que je considérais l'étendue de la foule qui s'était silencieusement amassée depuis le matin, je pris la mesure du vide qu'elle laisserait dans la communauté. Elle était celle qui l'avait menée là où elle était, et pas seulement sur le plan géographique mais aussi économique et social. Bien entendu le travail à accomplir pour rendre la vie plus douce et équitable à tous en Abalessa restait phénoménal mais si on considérait l'état du reste du monde tel que beaucoup d'entre nous l'avaient quitté, le chemin parcouru était considérable. Que pouvaient-ils attendre de mon hommage à présent qu'ils avaient écouté celui du Grand Archiviste, un homme qui savait manier les mots aussi bien que moi le sabre ? Je n'étais pas tellement à l'aise avec le monde, ni avec le verbe. Je balayai en pensée le discours émouvant mais convenu que j'avais préparé. Je m'avançai au bord de l'Estrade et, à la surprise générale, je m'assis sur une caisse placée là pour aider à faire glisser le cercueil lorsqu'il serait mené à sa dernière demeure.

Un murmure d'étonnement où se mêlaient quelques exclamations de désapprobation parcourut la foule.

- Peuple d'Abalessa, ce jour est le sien, le dernier qui lui soit dédié normalement avant un an. Car chaque année vous devriez l'anniversaire de sa mort de celle qui vous a conduits ici. Pourtant ce n'est pas d'elle que je vais vous parler. C'est de moi. Certains d'entre vous l'ont connue simplement comme l'Antinea vénérée de notre Cité, une souveraine qui devait prendre chaque jour des décisions qui impactaient leur vie à tous, mais une souveraine que ils ne connaissaient que par les conséquences que ces choix impliquaient dans leur vie quotidienne ou comme une silhouette aperçue de loin lors des cérémonies. D'autres l'ont connue de plus près lorsqu'elle visitait les chantiers en construction de l'hôpital, des écoles, ou encore les campements de réfugiés. Et ils ont pu approcher la silhouette qui leur paraissait jusque là inaccessible. Ils ont alors pu voir à quel point elle savait se montrer soucieuse de rendre à chacun la vie meilleure. Elle aimait la vie ... Tellement. C'est pourquoi, en vérité, je vous le dis, si vous voulez l’honorer  comme elle le voudrait, alors souvenez-vous du jour de sa naissance, et non de celui de sa mort. Fêtez ce jour comme celui où le destin a choisi de se faire plus doux pour nous en mettant sur notre route celle qui nous sauverait. Aussi ce n'est pas dans un an que vous devrez la fêter mais, quand arrivera la date anniversaire de sa venue au monde.

Je marquai une pause tant pour reprendre mon souffle que pour laisser la foule et les Grandes Familles se remettre de l'étonnement face à ce discours si peu orthodoxe. Pourtant je ne pus m'arrêter longtemps sous peine de voir l'émotion me submerger et me faire perdre le contrôle. Je me moquais bien de ce que pouvaient penser les Lindell, Auriac et autres. A peine me souciais-je davantage de la réaction de Safia, dont j'évoquais aussi la date de naissance.

- Je vais vous parler de ce qu'elle a fait de moi. Lorsque j'ai quitté le Caire avec ma sœur aînée et mes petits frères et sœurs, je n'avais qu'eux et un nom. Celui que vous me connaissez. Celui que mes parents m'ont donné. J'avais aussi la fierté et le courage mais je n'en avais pas fait grand chose. Les Touaregs nous ont accueillis comme une seconde famille et j'ai pensé avoir trouvé une façon d'exprimer véritablement ces deux sentiments que j'avais si peu exploités. On pense souvent la fierté comme un défaut, un abus qui rend quelqu'un caractériel. Chez les Hommes Bleus, c'est une vertu qu'ils cultivent et chérissent. Le courage va de paire avec cette fierté. Et leur alliage forge les hommes les plus droits. Mais les hasards de la vie, ou les faiblesses d'un homme tel que moi font parfois que cet alliage reste invisible, comme une lame magnifique dans une cangue de boue.

Je sentais la perplexité gagner la majorité de l'auditoire, certains officiels devant se demander si je n'étais pas devenu fou ou d'autres me connaissant mieux, si je n'étais pas ivre. Le vent de terre se mit à souffler, rabattant sur l'ile quelques nuages de sable et forçant chacun à se protéger les yeux. Pourtant, je ne fis pas un geste. Je fermai juste les yeux en souriant. Je repris la parole d'une voix ferme et grave.

- Elle a su voir cette lame, ce bras, ce cœur et cette âme, prêts à se mettre au service d'une idée qui méritait qu'on rêve, qu'on continue plus loin. Elle a su communiquer son rêve. Celui qu'elle nourrissait pour vous tous. Et ceux qui étaient devenus ma famille ont voulu l'aider en lui confiant l'existence ce cette antique cité, son emplacement. Et l'homme qui se tient devant vous en ce jour, a voulu croire à ce rêve et le faire sien. Je vous ai accompagné, dans ce périple hasardeux. J'ai laissé les miens derrière moi, parce que j'avais trouvé une autre famille.


Je les regardais tous. Le vent était retombé et chacun écoutait à présent en se questionnant sur la finalité de mes propos.

- Je pensais l'avoir trouvé en chacun de vous. Et à la vérité, je pense que je me suis menti et quelque part je vous ai menti. La vérité, c'est que je l'avais trouvé en elle, et en elle seule. Je l'aurais suivie jusqu'en Enfer, et qu'on me permette de blasphémer car c'est là où je suis à présent. En Enfer. Et tous, nous le serons que les Shaïtans du Désert m'en soient témoins, tant que nous n'aurons pas puni ceux qui nous l'ont enlevée.

Un frémissement et des exclamations parcoururent la foule mais une réserve respectueuse l'empêchait encore de gronder. La même réserve qui me retenait de laisser s'exprimer mes soupçons quand aux Lindell et aux soldats chargés de la sécurité de mon aimée. Le respect de sa mémoire prévalait sur les dissensions et les accusations que nous aurions à nous jeter au visage plus tard.

- Ce n'est pas encore une menace, mais c'est une promesse. Que ses meurtriers profitent de leurs dernières heures de liberté et de vie, de sérénité et d'illusion. S'ils pensaient couler des jours tranquilles dans l'impunité, ce jour sera le dernier. Que chaque personne qu'Adiba à sauvé des rigueurs de l'exode ou a révélée à elle-même, que chaque âme qui a trouvé un foyer et une vie meilleure à Abalessa se fasse chasseur de ces lâches qui frappent une femme dans la nuit du désert au lieu de s'avancer en pleine lumière pour affronter ses défenseurs. Une femme qui a rendu nos vies meilleures mais surtout, nous a rendus meilleurs ... Que l'ingratitude et la lâcheté soient lavées et évacuées d'Abalessa dans le sang des coupables ! Qu'enfin le repos de l'âme de notre Antinéa soit assuré !

Je me levai, à présent, et surplombai la foule, la parcourant d'un regard dur et sans aucune concession. Je regardai ensuite ostensiblement du côté des Grandes Familles dont je savais qu'elles auraient en cet instant rêver me voir succomber à une piqûre de crotale et je poursuivis en portant loin mon regard vers la bordure de la foule qui se tenait non loin des embarcadères, à la limite la plus extrême et éloignée de l'estrade, cette partie que le Conseil avait concédée aux réfugiés et aux plus humbles. Je repris alors d'une voix plus forte et plus que jamais assurée:

- Que celle qui va lui succéder sache que sa vie ne sera pas menacée impunément et qu'elle peut compter sur des sujets fidèles, que le Peuple d'Abalessa n'a jamais voulu la mort de celle qui les a guidés sur leur nouvelle terre. Le Peuple est loyal! Vive le Peuple ! Louée soit Adiba Khalouani Troisième Antinéa qui a vécu et perdu la vie pour Abalessa !


Je baissai les yeux ne sachant ce qui surviendrait en premier lieu, un tollé de protestations de la part des coalitions politiques qui me haïssaient ou les acclamations enthousiastes du Peuple d'Abalessa dont j'avais porté l'Hommage à Adiba.


N.D.R.:
 

Edit: le choix du dé se portera sur les quatre dernières lignes de mon post.


Dernière édition par Tarek Al-Misri le Mer 27 Jan - 20:19, édité 2 fois
Revenir en haut Aller en bas
MessageSujet: Re: Event 01: Ashes to ashes, dust to dust Mer 27 Jan - 19:20

Le membre 'Tarek Al-Misri' a effectué l'action suivante : Lancer de dés

'Dé 1' :
Revenir en haut Aller en bas
http://abalessa.forumactif.org

Invité

MessageSujet: Re: Event 01: Ashes to ashes, dust to dust Lun 1 Fév - 18:55


Le discours de Tarek était à son image, déstabilisant. Mais ça ne m’étonnais guère venant de lui. Je relève à peine la tête alors qu'il parle, toujours enfermée dans mon chagrin intérieur. Si je trouvais ses propos déplacés, n'ayant aucun intérêt à être placés dans ce genre de discours, je ne peux m'empêcher de le rejoindre sur de nombreux points. Je me surprends même à vouloir venir crier ma révolte avec lui. Mais ça n'est pas l'endroit, et je sais que moi même, lorsque je m'avancerai à mon tour sur l'estrade, je devrais me contenir pour retenir toute cette rage qui m'anime. Je peux sentir le regard de Diyaa sur moi. Je ne la regarde même pas. Je n'ai pas envie de voir l'approbation ou au contraire la désapprobation dans son regard. Je ne sais plus si nous sommes du même côté ou pas. Et je ne veux pas le savoir. Pas tout de suite.

La logique politique voudrait que cela soit la matriarche de la famille de la défunte qui prenne le relais et enchaîne sur son discours. Mais j'avais tenu à passer avant. Après tout, elle est ma sœur. Mon double. Si nombreux pourraient penser à une stratégie, une quête d'électeurs potentiels, il n'en est rien aujourd'hui. Mais qu'ils pensent ce qu'ils veulent. Je ne les contredirais pas. Aujourd'hui, la politique est mise de côté … même si on n'y échappe jamais vraiment.

Relevant la tête à son passage, j'espère rencontrer son regard pour lui communiquer mon soutien, bien que très pudique et attends qu'il rejoigne sa place pour m'avancer à mon tour sur l'estrade. Son discours semblait avoir enchanté la foule qui le faisait savoir par ses applaudissements. Laissant le silence de la foule retomber, je dévoile mon visage du drap noir qui le couvrait alors. Des murmures s'échappent de la foule, des exclamations contenues face à ma ressemblance avec la défunte. Bien que connue de tous, elle continue d'agiter les foules, surtout en ce funeste jour. Je me sentirais presque gênée de me présenter là, avec son visage … Mais mon regard reste bien droit, posé implacablement sur la foule. Ca n'est que passé quelques secondes que j'entame enfin mon discours, mûrement préparé, réfléchi, répété, aucun mot n'ayant été choisi au hasard.

-Une Reine, une protectrice, une fille, une amie, une épouse … Une sœur … Adiba Khalouani a été tout cela à la fois, a endossé tous ces rôles avec brillo et aurait continué à le faire de nombreuses années si le Sort ne nous l'avait pas enlevé.

Parler de Sort plutôt que de Destin, car le destin n'aurait jamais permis un tel crime. Dieu non plus.

-Chacun a son parcours en mémoire, et celui-ci a été brillamment retranscrit. Mais au lieu d'attendre une date, un anniversaire … Souvenez-vous d'elle chaque jour que Dieu fait. Souvenez-vous d'elle lorsque vous passez les portes d'Abalessa, souvenez-vous d'elle lorsque vous passez les portes du Camps … Chaque fois que vous lèverez les yeux au ciel, rappelez-vous de ces personnes qui nous ont quitté, qui se sont battu pour notre survie, qui ont sacrifié leur vie pour que nous puissions continuer à avancer. Des épreuves, nous en avons connues, mais nous sommes forts. Ensemble nous allons passer celle-ci. Ensemble nous ferons la lumière sur ce qu'il s'est réellement passé, et ensemble nous punirons les coupables. Car c'est pour cela aussi qu'Adiba se battait, pour que nous puissions vivre dans un monde juste. Et justice sera faite, je vous en donne ma parole.

Je laisse planer un silence avant que quelques applaudissements soulèvent la foule, mais je les stoppe rapidement d'un léger signe de main. Si je peux discerner quelques sourires tristes parmi la foule, je peux aussi en voir qui ne bronchent pas. Est-ce par pudeur ou à cause d'un sentiment de culpabilité ? Je sais que parmi cette vaste foule, je sais que dans mon dos, les coupables se cachent. Pourquoi ne profiteraient-ils pas de cet instant de rassemblement pour faire valoir leurs revendications ? Je me suis toujours moqué d'avoir des opposants, des « ennemis », mais ici, maintenant, je ne me sens pas en sécurité. Si ils ont été capable de tuer, ils recommenceront. Pourtant, je ne montre rien de mes angoisses, ça leur ferait trop plaisir, je garde cette stature droite et assurée qu'on me connaît si bien, le menton levé vers la foule. Ma place est là.

-Tous ensemble, nous porterons l'héritage que nous a laissé notre Antinéa, un héritage fort de valeurs et d'amour, et à jamais son nom restera gravé dans l'Histoire du Nouveau Monde.

Finalement, mon regard se porte sur le cercueil. Je n'arrivais même pas à réaliser totalement … Ma sœur reposait dans cette boîte … J'en eus un violent frisson et l'effroi put se lire sur mon visage l'espace de quelques secondes. Assaillie par un désespoir trop fort que je peine désormais à contenir, je coupe court au discourt préparé. Je dissimule mes mains tremblantes dans les pans de ma tenue et tourne les talons, cachant à nouveau mon visage avant de reprendre ma place auprès des Grandes Familles.
Revenir en haut Aller en bas
MessageSujet: Re: Event 01: Ashes to ashes, dust to dust Lun 1 Fév - 18:55

Le membre 'Safia Khalouani' a effectué l'action suivante : Lancer de dés

'Dé 1' :
Revenir en haut Aller en bas
http://abalessa.forumactif.org
avatar

Avatar : Freida Pinto

MessageSujet: Re: Event 01: Ashes to ashes, dust to dust Mar 2 Fév - 19:36


J’écoute, dans un silence quasi religieux. J’écoute le Grand Archiviste, celui qui garde la mémoire de tous ces peuples qui n’en forment plus qu’un aujourd’hui. J’écoute le récit de ces événements auxquels je n’ai pas participés, qui me semblent bien étrangers. Voilà longtemps que je ne m’étais plus sentie une étrangère dans cette ville. Pourtant, c’est ce que je ressens aujourd’hui. Je suis une étrangère. J’ai vécu mon horreur de mon côté, ils ont vécu leur histoire. Mais j’écoute. Je suis de nouveau bousculée quand la foule réagit à l’avancée de Tarek. Quelques mots me parviennent à l’oreille. Pas toujours très sympathiques d’ailleurs. Mais je préfère ne pas m’en mêler. Je n’ai rien contre lui. Il me rappelle juste un mauvais souvenir. Et à nouveau, j’écoute.

Par contre, je ne peux m’empêcher de pousser un petit soupir désapprobateur en l’entendant dire que nous « devons » célébrer l’anniversaire de sa mort ou de sa naissance. Certes, je reconnais son importance, mais elle n’est pas un dieu tout puissant. Et célébrer une morte… Qui célèbre mes morts ? Est-ce que j’impose aux gens de se recueillir sur les tombes de ceux que j’ai aimés et perdus ? D’accord, ces personnes n’ont même pas de tombe… Cela me dérange, cette mise sur un piédestal. Et d’après ce que j’entends, je ne suis pas la seule. Je suppose toutefois que c’est le « jeu » de ces cérémonies.

Je me protège le visage, rabaissant ma capuche sur ma tête lorsque le vent fait danser le sable. Je ne parviens pas à être transportée par son discours quasi messianique. Peut-être, précisément, parce que je suis une étrangère, que je n’ai pas vécu ce rêve avec eux. Abalessa a été mon oasis dans le désert, le début de ma vie libre, mais je n’ai pas connu ce trajet, cette foi. Ceci étant, je comprends ce qu’il dit et qui soulève une nouvelle vague d’indignation, quand il dit n’avoir trouvé de famille qu’en elle, et non en le peuple. La suite me met en revanche plus mal à l’aise. Une chasse à l’homme. Une vengeance dans le sang. Cela me rappelle les bédouins qui ne lésinaient pas sur les châtiments physiques. Un tressaillement me parcourt à ce souvenir. La fin me parvient à peine, perdue que je suis dans mes pensées. Mais quand je reviens à moi, c’est Safia qui, tel un fantôme, est sur l’estrade. Le portrait craché d’Adiba.

Par contre, encore une fois, on nous parle de se souvenir d’elle. Chaque jour. Chaque. Jour. Alors que pour ma part, j’essaye d’oublier mes morts. Pourquoi devrais-je rester coincée dans le passé ? Nous devons aller de l’avant, j’ai mis assez de temps pour intégrer la leçon. Je me surprends à regard un peu en arrière, là où devraient être les embarcadères que je ne distingue pas à cause de la foule. J’en viens à penser que c’était vraiment une mauvaise idée de venir. Mon frère m’a pourtant prévenue. Je me sens encore plus étrangère, si cela est possible. Sa mort ne m’atteint pas. Les gens qui se sont sacrifiés pour moi, ceux que j’ai aimés, ceux que j’ai perdus… ils n’ont jamais été ici. Ils n’ont jamais connu Adiba. Justice… Y a-t-il eu justice pour …

Je veux partir. Je ne suis pas à ma place ici, parmi ces gens. Je ne porte pas le deuil, je ne me réjouis pas non plus de sa mort. Mais je n’ai rien à faire là. Seulement, je suis coincée. Impossible de faire marche arrière, à moins de partir à la nage, ce qui est évidemment hors de question. Entre ceux qui se recueillent véritablement, ceux qui applaudissent le discours, et ceux qui murmurent que les choses doivent désormais changer, je ne me sens vraiment pas à ma place. Certes, je fais partie de ceux qui veulent changer les choses, mais le moment n’est pas vraiment bien choisi. Il y a des gens en deuil. Un amant. Des sœurs. Un cousin. Même si je ne les connais pas forcément bien, je sais ce que c’est et qu’on a tout sauf envie d’un esclandre politique à cet instant.

_________________
Life's for the living so live it


Dernière édition par Samra Jihan le Mar 2 Fév - 20:04, édité 2 fois
Revenir en haut Aller en bas
http://abalessa.forumactif.org/t94-samra-jihan-c-est-dans-le-sil
MessageSujet: Re: Event 01: Ashes to ashes, dust to dust Mar 2 Fév - 19:36

Le membre 'Samra Jihan' a effectué l'action suivante : Lancer de dés

'Dé 1' :
Revenir en haut Aller en bas
http://abalessa.forumactif.org
avatar

Avatar : Ben Barnes

MessageSujet: Re: Event 01: Ashes to ashes, dust to dust Mer 3 Fév - 16:33


Les dernières barques déchargèrent les derniers arrivants se pressant dans la foule silencieuse de l'île. Si silencieuse que le malaise semblait gagner certains de mes compatriotes parce que bien souvent, sans affirmer que c'est toujours le cas, le silence est porteur d'un mal qu'on aurait pu voir venir. Aujourd'hui cependant, c'est la voix du Grand Archiviste qui brisa ce triste et respectueux silence frôlant le cercueil de notre défunte Antinea comme l'aurait fait le vent pour la saluer une dernière fois avant que des paroles ne détruisent ce pur moment. Son discours s'avéra plus qu'élogieux et respectueux, rejoignant même en partie mes pensées lorsqu'il mentionna que le passé ne devait pas être oublié. Je n'étais pas sans savoir que ma grand-mère en avait marqué plus d'un comme toutes les Antinea lui ayant succédé, mais elle n'avait marqué la vie de personne comme la mienne.

J'aurais pu me laisser porter par les paroles, simplement prendre le temps de me recueillir comme toutes les autres personnes présentes, mais je ne le pouvais pas. Je devais rester concentré. Si oui j'étais là pour lui rendre hommage, je l'étais aussi principalement pour que rien ne vienne troubler l'apparent calme de la cérémonie. C'est d'abord le mouvement de la foule qui me fit réagir et me rappela à l'ordre avant que je ne vois du coin de l'oeil cet enfant qui échappa de près à un plongeon grâce à l'un de mes compatriotes. J'ai la vie devant moi pour pleurer la mort de cette défunte Antinéa comme toutes celles l'ayant précédée, mais je n'aurai qu'une chance de mener à bien ma tâche si quelque chose vient à dégénérer.

Si le Régent agita la foule de par sa simple présence sur l'estrade, présence d'autant plus remarquée de par la position qu'il prit avant de parler, ses paroles ne manquèrent assurément pas de faire réagir. Je ressenti moi-même une légère amertume face à ses propos. Pas parce qu'il avait tord dans ce qu'il mentionna, mais plutôt parce qu'il ramena l'éloge de cette grande femme à lui et encouragea presque la foule a se révolter contre des meurtriers encore présumés. Voilà qui nous assurerait des journées bien occupées si ne serait-ce que certains d'entre eux osaient l'écouter.

Son discours terminé, une nouvelle onde sembla balayer la foule alors que la sœur de la défunte prit place devant celle-ci. Une sœur dont le visage ne manquera pas nous rappeler celle qui nous avait guider de par sa similarité plus que frappante. Son discours était pour sa part porteur d'espoir, mais également d'une grande tristesse qui, même s'il sembla en toucher plusieurs, laissa quelques personne tout de même septiques.

Je n'arrivais simplement pas à comprendre les réactions de la foule. Applaudissait-elle à la fin de chaque discours par respect ou parce qu'elle se sentait réellement soulevée par les mots prononcés? Pleurait-elle de véritables larmes ou se mentait-elle à elle même simplement pour se fondre dans la masse et écarter tout soupçon?

J'imagine que seule la suite des choses pourra nous dire ce qu'il en sera et comment la foule présente interprétera réellement les mots qui s'achèvent alors que tout le monde reprend sa place sur l'estrade. Tout ce que j'espère, c'est que je ne faillirai pas à la tâche si quelque chose vient à se passer. Ça ne serait qu'une raison supplémentaire pour que ma mère me gronde parce que j'ai osé rejoindre l'armée et une raison de plus pour Evan de me faire subir un enfer qu'il jugerait bien mérité.
Revenir en haut Aller en bas
MessageSujet: Re: Event 01: Ashes to ashes, dust to dust Mer 3 Fév - 16:33

Le membre 'Arthur Lee' a effectué l'action suivante : Lancer de dés

'Dé 1' :
Revenir en haut Aller en bas
http://abalessa.forumactif.org
avatar

Avatar : George Blagden

MessageSujet: Re: Event 01: Ashes to ashes, dust to dust Sam 6 Fév - 0:59


Droit au milieu de la foule, il avait écouté le Grand Archiviste et son récit clair et concis de qui avait été la Troisième Antinea. Une jeune fille parmi les survivants du Changement, une des enfants du Conseil, une personne sur qui le reste du peuple avait pu compter lorsque ça avait été nécessaire, leur dirigeante lorsque son temps était venu. Elle avait été celle qui avait fondé Abalessa et aujourd'hui ils étaient tous réunis pour lui dire au revoir. C'était aussi simple que ça, du moins pour les gens qui l'entouraient, et même s'ils pouvaient apercevoir la foule s'agiter plus loin. Retournant son attention sur l'estrade, il croisa le regard sévère de son père et allait baisser les yeux quand il comprit que ce n'était pas pour lui mais pour un soldat derrière qui semblait avoir rompu les rangs. Les vieilles habitudes....


Il regarda Tarek s'avancer, puis s'asseoir, et commencer son discours alors que certains sourcils se fronçaient légèrement autour de lui, alors que plusieurs voix s'élevaient parmi ceux qui l'entouraient. Écoutant avec attention chaque mot et chaque tournure, il croisa les bras et se redressa, affectant un air détaché alors que les paroles du Régent résonnaient sur l'île. Pas ceux qu'il aurait choisi, encore moins prononcé, et il n'était apparemment pas le seul à le penser. Se redressant, il ancra un peu plus fermement ses pieds dans le sol alors que Tarek exhortait son public à la traque des présumés coupables, alors que ce même public répondait à sa manière, autant positive que négative. Entre ceux qui pensaient comme le Régent, à savoir que l'Antinea avait effectivement été assassinée, ceux qui misaient sur une mort tragique mais naturelle et normale dans le Nouveau Monde, et tous les autres avis plus originaux les uns que les autres, le bruit autour de lui s'était accentué. Les mouvements de foule aussi, réveillant cette vigilance toute militaire qu'il avait gardé malgré tout, quand le Régent reprit sa place sous les applaudissements.

Puis Safia s'était avancée, si semblable à celle qu'ils honoraient aujourd'hui. Différente, il le savait, mais ça eu l'air d’apaiser temporairement les diverses tensions nées du discours précédent. Et il devait admettre qu'il était beaucoup plus d'accord avec sa vision du souvenir. Il n'avait pas besoin d'un jour particulier, ou même d'un grand monument un peu pompeux, pour se rappeler celles et ceux qui lui avaient permis de survivre jusqu'ici. Antinea ou non. Morts ou vivants. Encore présents à Abalessa ou quelque part dans le Nouveau Monde. Il sourit en voyant Safia faire taire la foule d'un mouvement de main. Elle avait l'autorité nécessaire, la "notoriété", et les capacités pour devenir Antinea, mais il doutait qu'elle veuille prendre la suite de sa sœur. Il ne lui souhaitait pas en tout cas, tout comme il espérait trouver un moyen d'éviter ça à Rebecca qu'il pouvait discerner plus loin.

_________________

There are promises broken and promises kept

I wonder if the snow loves the trees and fields, that it kisses them so gently? And then it covers them up snug, you know, with a white quilt; and perhaps it says "Go to sleep, darlings, till the summer comes again."

Revenir en haut Aller en bas
http://abalessa.forumactif.org/t32-aaron-lindell-conceal-don-t-f
MessageSujet: Re: Event 01: Ashes to ashes, dust to dust Sam 6 Fév - 0:59

Le membre 'Aaron Lindell' a effectué l'action suivante : Lancer de dés

'Dé 1' :
Revenir en haut Aller en bas
http://abalessa.forumactif.org
MessageSujet: Re: Event 01: Ashes to ashes, dust to dust Lun 8 Fév - 4:44

Alors que l’aînée des Khalouani laissait sa place au patriarche d'Auriac chargé d'annoncer les avancées de l'enquête, un silence tendu tomba sur l'île. Le peuple attendait des réponses, peut-être un début d'explication sur la mort de l'Antinea ou des pistes sur les responsables, et tous les regards étaient fixés sur le magistrat droit à l'avant de l'estrade. Comme ceux ayant parlés avant lui, sa voix portait jusqu'au bout de l'île et tous purent entendre le rapport concis et strict du patriarche. Après avoir examiné le corps de la défunte, le Médecin Général a déterminé qu'elle était morte d’asphyxie, sans pouvoir toutefois dire si la cause était naturelle ou provoquée, ni trouvé d'autres preuves pouvant confirmer ou non un acte criminel. L'hypothèse d'une mort naturelle n'était donc toujours pas exclue. La réaction de son auditoire fut immédiate: de nombreuses clameurs, autant de surprise que de colère, s'élevèrent tandis que les flots humains se pressaient plus vers le centre de l'attention, repoussant les fines barrières et les soldats qui gardaient le périmètre de sécurité.

Le regard froid du Grand Magistrat parcourut la foule et attendit quelques secondes avant de reprendre. Les interrogatoires de l'escorte de l'Antinea continuaient malgré tout, pour faire toute la lumière sur ce qu'il s'est passé cette nuit-là et confirmer ou non la mort naturelle, même si les réponses qu'ils avaient actuellement indiquaient un simple accident. De nouveaux cris se firent entendre, les murmures et rumeurs se transformant en colère tournée vers les personnes présentes sur l'estrade sans aucune distinction, et encouragée par le discours du Régent la foule se fit plus menaçante. Accusations et menaces se firent entendre, de plus en plus fortes et nombreuses, détournant l'attention d'un détail bien plus important. Couvert par le bruit, le craquement sinistre du pilier central d'un des ponts passa inaperçu, comme ceux qui suivirent dans le reste de la structure de bois. Quelques secondes plus tard la poutre centrale du pont céda, envoyant à l'eau ceux qui se trouvaient dessus. Une voix s'éleva dans la petite bulle de silence autour de l'accident: et si c'était un coup des Fordistes?


Un vent de panique souffla sur l'île, répandant et amplifiant ces quelques mots, déclenchant sur son chemin les premiers affrontements entre les plus convaincus des Fordistes et des Fils de Gaia. Suite à la destruction du pont, deux autres s'écroulèrent, surchargés par la population qui cherchait à quitter l'île. La rumeur déforma encore un peu les événements, et ceux près de l'estrade apprirent que les Fordistes avaient détruits tous les ponts pour se débarrasser des Fils de Gaia présents aujourd'hui. Les fines barrières dressées pour l'occasion finirent par céder et une vague déferla, envahissant peu à peu les dernières parties encore inaccessibles de l'île, restant néanmoins à distance respectable du cercueil et de l'estrade, protégée par un cordon de soldats. Un autre se forma autour des Grandes Familles pour les escorter en sécurité sur la terre ferme, mais un mouvement de foule sépara le groupe. Tarek Al-Misri et Safia Khalouani, escorté de deux soldats, restèrent en arrière tandis que la population se pressait vers les embarcadères ou rejoignait les nombreuses batailles en cours.


Déroulement:
 
Revenir en haut Aller en bas
http://abalessa.forumactif.org
avatar

Avatar : Ben Barnes

MessageSujet: Re: Event 01: Ashes to ashes, dust to dust Mer 10 Fév - 20:17


Il est difficile de véritablement trouver un quelconque soulagement aux paroles prononcées par le magistrat puisqu'au final elles n'éclairèrent pas réellement la situation. Du moins, selon ses dires. La défunte Antinea était morte d'asphyxie et c'était la seule chose qu'on pouvait retenir puisqu'il évoquait que cela n'empêchait pas une mort naturelle. J'en doutais. Sans être médecin, il me semblait, comme cela sembla aussi être le cas de plusieurs qui ne manquèrent pas d'affirmer leur colère, qu'une telle mort ne pouvait qu'être le fruit d'un assassinat. Une colère qui fût d'ailleurs si fortement affirmée qu'elle en ébranla les autres soldats et moi-même sur qui on se pressa sans même se soucier de notre présence. Je n'allais toutefois pas laisser l'anxiété me gagner pour si peu. J'ai simplement jeter un coup d'oeil à ceux que j'étais en mesure d'atteindre pour les repousser vigoureusement sans toutefois y aller de trop de violence. Ils étaient en colère et ils avaient le droit de l'être, mais je ne devais pas oublier ma tâche. Tâche qui s'avéra simplement davantage ardue lorsque le magistrat poursuivi son monologue pour expliquer que les interrogatoires menaient jusqu'à maintenant à croire à un simple accident. C'est à ce moment que notre présence prit tout son sens puisque sans la fini ligne de soldats présents près de l'estrade, elle aurait assurément été engloutie ainsi que tout ceux s'y trouvant par la foule déchaînée.


Elle était déchaînée à un tel point que le bref instant de silence ne manqua pas d'être remarqué, même si je ne compris pas sur le coup ce qui le causa. J'ai simplement brièvement entendu parler des Fordistes avant de me sentir coincé en plein chaos. Des gens agités, hurlants, criants, se pressant les uns sur les autres dans un mouvement de panique qui ébranla simplement davantage les troupes. Si les entraînements nous apprenaient les bases à retenir pour assurer la protection du peuple, la mise en pratique lors d'une situation comme celle-ci était tout autre chose. Je me sentis complètement inexpérimenté et un peu dépassé, mais je n'avais pas l'intention de me laisser abattre par tout ceci. Sans calmer la foule, parce qu'à moi seul je m'en savais incapable, je me devais de donner un coup de main.

J'ai jeté un bref coup d'oeil en direction de l'estrade puis vers la foule où était déjà escorté une partie des grandes familles que je cru voir plus loin. Bien. Peut-être est-ce là que je peux aider. J'ai commencé à me frayer un chemin dans la foule en tentant au passage de séparer ceux qui préféraient se frapper plutôt que quitter, le plus calmement qu'ils en auraient été capable, l'île tout en tentant de les convaincre en leur hurlant à la tête pour me faire entendre que c'est l'option pour laquelle ils devrait opter. Mon but alors que j'avançais difficilement dans la foule? Essayer d'aider les soldats se trouvant sur l'estrade avec la sœur de la défunte Antinea et le Regent en leur permettant de trouver une petite brèche dans la foule paniquée où il n'y aurait pas que des coups de poings se donnant de tous les côtés. Est-ce que je vais réussir? Ça c'est ce que nous verrons.
Revenir en haut Aller en bas
MessageSujet: Re: Event 01: Ashes to ashes, dust to dust Mer 10 Fév - 20:17

Le membre 'Arthur Lee' a effectué l'action suivante : Lancer de dés

'Dé 1' :
Revenir en haut Aller en bas
http://abalessa.forumactif.org
avatar

Avatar : Freida Pinto

MessageSujet: Re: Event 01: Ashes to ashes, dust to dust Ven 12 Fév - 22:52


Puisqu’il m’est impossible de quitter cette île ou d’esquisser le moindre mouvement, je me contente d’écouter. Après les discours larmoyants, les discours pragmatiques et pratiques. L’enquête. Les rumeurs les plus folles courent en ville, mais toutes tournent autour d’un seul fait : l’Antinea aurait été tuée, ce qui était aujourd’hui discuté. Une personne à côté de moi grogne qu’il s’agit d’un mensonge, qu’ils ne nous disent pas la vérité. J’ai un mauvais pressentiment.  Et comme pour me confirmer cette sensation, des cris explosent. Toutes les têtes se tournent et ce que je crois voir me glace d’effroi. Ce que j’entends est pire.

« Arrêtez de dire n’importe quoi !
Que je m’entends crier à tous ceux qui propagent cette rumeur, il faut les aider ! »

Les Fordistes… c’est ridicule ! Pourquoi ferions-nous cela ? Détruire des ponts, pour ne pas souffrir de l’éloignement, quel intérêt ? Tuer des gens alors qu’on ne cherche qu’à améliorer les choses ? Pourquoi souligner la fragilité des constructions humaines ? Non ce n’est pas logique. Et ça commence déjà à se battre. J’ai envie de vomir. Les corps dans l’eau, même si je ne les vois pas, me rappellent de terribles souvenirs… leurs cris… leurs cris qui vous déchirent l’âme…ça me terrifie. Voyant l’ampleur que prennent certains conflits,  je comprends qu’il ne faut pas rester dans les parages. Etre le plus loin de l’eau et de la foule… Mais aller où ? Bousculée, poussée, j’aperçois le monument. Là-bas ! Là-bas je serai à peu près à l’abri. Poussée par un mouvement de foule, je me retrouve à terre. Je me recroqueville, me prenant quelques coups… Je n’en ai pas reçus depuis mon arrivée ici, je n’aurais jamais cru me retrouver dans cette situation ; mais je parviens à me relever et, me souvenant des leçons de mon frère, je me mets à mon tour à pousser, griffer, à ne penser qu’à moi. Je me rappelle quand le changement s’est produit. Je me rappelle les courses, la main de ma mère dans la mienne pour échapper à la vague… Aujourd’hui la vague est humaine… J’essaye de ne pas entendre les bruits de corps se débattant dans l’eau. Qu’aurais-je fait si j’étais tombée ? Je n’aurais pas su sortir. Et ces gens ? Vont-ils sortir de l’eau sans encombre ? Et pourquoi ces mensonges ?

J’avance, mais je suis encore loin du monument quand je sens qu’on m’attrape par le bras, violemment. Je tire, me libérant, mais plusieurs hommes se pressent autour de moi.

« Toi ! T’es avec eux ! T’es une Fordiste ! »

Je ne sais même pas qui ils sont, mais ils sont furieux. Sauf que je n’ai rien à voir avec ça, jamais… Et je n’aime pas du tout me retrouver dans cette situation. Impossible d’avancer, de reculer, et je me sens de nouveau impuissante. Mais je ne suis plus celle d’avant. Je suis plus forte aujourd’hui. Alors je toise ces hommes.

Spoiler:
 

_________________
Life's for the living so live it


Dernière édition par Samra Jihan le Ven 12 Fév - 22:53, édité 1 fois
Revenir en haut Aller en bas
http://abalessa.forumactif.org/t94-samra-jihan-c-est-dans-le-sil
MessageSujet: Re: Event 01: Ashes to ashes, dust to dust Ven 12 Fév - 22:52

Le membre 'Samra Jihan' a effectué l'action suivante : Lancer de dés

'Dé 1' :
Revenir en haut Aller en bas
http://abalessa.forumactif.org
avatar

Avatar : George Blagden

MessageSujet: Re: Event 01: Ashes to ashes, dust to dust Sam 20 Fév - 22:32


Les mots du Grand Magistrat ne l'étonnèrent pas, tout comme les réactions qu'ils déclenchaient autour de lui, alors qu'il restait de marbre. Un discours poli à l’extrême, qui en disait long si on arrivait à voir ce qui se cachait derrière. Quelque chose qu'on lui avait appris très tôt, en même temps que le maniement d'une épée, parce que ça faisait partie des choses qu'il se devait de maîtriser pour "plus tard". Essayant de rester à sa place alors que tous se pressaient plus vers la scène, il observait les réactions de l'une des alliances connues du Conseil. Rien qu'il n'aurait pu prévoir, évidemment. Alors que la foule s'agitait de plus en plus autour de lui, il écoutait d'une oreille distraite les rumeurs qui parvenaient et qui n'avaient aucun sens. Il doutait que les Fordistes, même les plus acharnés et obtus, soient capables de faire ce genre de choses, surtout aujourd'hui. En plus d'être une très mauvaise publicité, ce n'était tout simplement pas le moment. Et si c'était vrai... ça ne l'étonnerait pas vraiment non plus, beaucoup de choses avaient été faites pour des idées et des opinions, bonnes ou mauvaises, par le passé. Une pratique logique pour ceux qui voulaient tant revenir à cet Ancien Monde que la plupart n'avait pas vraiment connu.


Le mouvement de foule suivant le surprit alors qu'il était plongé dans ses pensées, manquant de le faire tomber, et de vieux instincts reprirent le dessus bien malgré lui. Repoussant ceux qui menaçaient de le faire à nouveau vaciller, il voulu reculer, aller à l'encontre du courant plutôt que d'être emporté, sans réellement y arriver. Et il dériva, pour finalement arriver vers l'avant de l'estrade, en tout cas ce qui devait l'être. Dans le chaos ambiant, il préférait rester discret et ne pas se faire trop remarquer, quitte à baisser sagement la tête et garder les yeux au sol alors qu'on insultait sa famille. Aucune autre réaction ne servirait, et il ne voulait pas s'impliquer plus que nécessaire dans tout ça, juste trouver un moyen de rentrer chez lui et de se faire oublier pour le reste de la journée. Mais c'était trop demander, et avoir servi de nombreuses années dans l'Armée n'aidait pas à rester incognito. Un homme l'avait reconnu, et il échappa de justesse à un coup de poing sans pour autant pouvoir esquiver le crochet qui lui coupa la respiration. Reculant sous le choc, il heurta un autre assaillant et eu juste le temps de se baisser pour ne pas se faire immobiliser. Il devait s'éloigner de tous, et rapidement, au moins le temps que la tempête passe un peu et que les esprits se calment.

L'Oued... S'il arrivait à l'atteindre, il pourrait peut-être traverser à la nage. Mais impossible d'atteindre la rive ouest, et celle à l'est était impraticable si les ponts s'étaient effectivement effondrés. Il ne restait donc plus que le sud, derrière le monument. Parvenant enfin à échapper aux deux hommes apparemment remontés contre tout ce qui s'apparentait - y compris littéralement - à l'Armée, il se fraya un chemin dans le sens inverse à celui qu'il avait préféré au début, gardant les yeux sur l'édifice qu'il voulait atteindre le plus rapidement possible, jusqu'à ce qu'il tombe sur un scène qui ne lui plu pas du tout: sa colocataire, collègue et amie, prise à partie par un groupe. Pire, l'un d'eux qui la frappait. La réaction fut immédiate et prévisible, bien plus qu'il ne voulait l'admettre: un coup de poing dans le nez de l'agresseur, qui se brisa sous le choc, et un coup de pied qui lui faucha les jambes et l'envoya au sol. Se foutant éperdument des insultes qui se mirent à pleuvoir, il aida la jeune femme à se relever. Allez Sam... J'ai pas trop envie de traîner dans le coin là... Surtout avec les regards mauvais que les hommes lui lançaient...

Spoiler:
 

_________________

There are promises broken and promises kept

I wonder if the snow loves the trees and fields, that it kisses them so gently? And then it covers them up snug, you know, with a white quilt; and perhaps it says "Go to sleep, darlings, till the summer comes again."



Dernière édition par Aaron Lindell le Sam 20 Fév - 22:34, édité 2 fois
Revenir en haut Aller en bas
http://abalessa.forumactif.org/t32-aaron-lindell-conceal-don-t-f
MessageSujet: Re: Event 01: Ashes to ashes, dust to dust Sam 20 Fév - 22:32

Le membre 'Aaron Lindell' a effectué l'action suivante : Lancer de dés

'Dé 1' :
Revenir en haut Aller en bas
http://abalessa.forumactif.org
avatar

Avatar : Freida Pinto

MessageSujet: Re: Event 01: Ashes to ashes, dust to dust Sam 5 Mar - 23:53


La douleur est fulgurante. Cela fait des années que je n’ai pas été battue. A l’époque, je ne sentais presque plus les coups, aujourd’hui que j’en ai perdu l’habitude, j’ai terriblement mal. Je suis par terre, presque à mordre littéralement la poussière. Je n’ai jamais cru que les gens ici me feraient du mal. Ils me connaissent pourtant. Les hommes qui viennent de s’ne prendre à moi, ils me connaissent, on se dit bonjour poliment à chanque fois qu’on se croire. Alors pourquoi ? Comment une simple rumeur peut leur faire se comporter ainsi ? Ne pouvant atteindre mon couteau, je me recroqueville donc sur le sol, pour l’imiter la surface corporelle pouvant prendre des coups, et surtout le temps que ma tête arrête de tourner, parce que je ne vois rien du tout là.


Une voix… une voix que je connais. Pas besoin d’ouvrir les yeux, je sais de qui il s’agit. Je me sens si faible, comme si mes jambes étaient en cotons., mais je m’accroche à Aaron qui m’aide beaucoup. Moi non plus je n’ai pas vraiment envie de rester là. L’eau, les émeutes, le sang sur ma tempe, ça me rappelle trop de mauvais souvenirs. Vraiment trop. Maisje n’ai pas le temps d’avoir peur ou d’avoir mal. Il faut qu’on se mette à l’abri et visiblement mon ami a eu la même idée que moi, à savoir gagner le mémorial. Une chance qu’il n’aie pas eu l’idée de nous faire quitter l’ile par l’Oued, il ne m’a jamais vu faire une vraie crise de panique au contact de l’eau, et j’espère que cela va durer.

« merci… je savais pas, Aaron, je te jure, je ne savais pas… »

Dans mon esprit, il est clair que ça ne peut pas être un fordiste, et je sais qu’Aaron est assez itelligent pour faire la part des choses, mais je ne sais pas… je ne veux pas qu’il me déteste, ou qu’il se mette à y croire, à penser que j’aurais pu savoir quelque chose sans prévenir personne. C’est encore un peu flou devant moi, je ne parviens pas à distinguer qui que ce soit. Alors je reste accroché à lui comme je m’étais accrochée autrefois à ma mère, et on avance, tant bien que mal, bousculés parfois par la foule. Où sont les autres ? Où est sa famille avec qui il devrait être ? Je ne sais aps. Il faut avancer, encore. le mémorial n’est plus très loin.

Sauf que le destin semble s’acharner contre nous. J’entends des voix prononcer son nom de famille. Les Lindell – Aaron mis à part – marchent traditionnellement du côté des Fordistes. Plus qu’à essayer d’accélérer le pas, mais nous voilà pris dans un nouveau mouvement de foule qui nous oblige à nous séparer quelques secondes.

Spoiler:
 

Spoiler:
 

_________________
Life's for the living so live it


Dernière édition par Samra Jihan le Sam 5 Mar - 23:54, édité 1 fois
Revenir en haut Aller en bas
http://abalessa.forumactif.org/t94-samra-jihan-c-est-dans-le-sil
MessageSujet: Re: Event 01: Ashes to ashes, dust to dust

Revenir en haut Aller en bas
Event 01: Ashes to ashes, dust to dust
Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut
Sujets similaires
-
» ashes to ashes
» 40k Dust Contest, courses de motos au 41e Millénaire...
» DUST TO DUST א d.l.
» Faeryl + ashes to ashes
» ashes to ashes (nour)
Page 1 sur 2Aller à la page : 1, 2  Suivant

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Abalessa :: Extérieur de la Cité :: Terres d'Abalessa :: Îles-